Doha Academy: «La séparation homme-femme est une coutume»

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La séparation homme-femme est davantage une pratique culturelle que religieuse, affirme le recteur de la Doha Academy.

La séparation homme-femme est davantage une pratique culturelle que religieuse, affirme le recteur de la Doha Academy.

Une pratique culturelle. La séparation homme-femme, pratiquée chez les musulmans, est un principe qui n’est pas compris de tous. En effet, la cérémonie de remise de prix qui a eu lieu mercredi, à la Doha Academy, a provoqué des remous parce que les hommes et les femmes étaient assis séparément. L’amalgame survient surtout après l’exclusion des femmes du banquet donné en l’honneur de la délégation saoudienne, deux jours auparavant.

«C’est une coutume culturelle islamique. Nous n’empêchons pas le Premier ministre de rencontrer nos étudiantes pour autant», explique Osman Jaunboccus, recteur de l’institution et organisateur de l’événement. Il indique que la Doha Academy est une école mixte et que les filles et les garçons sont d’habitude séparés.

Mais qu’il n’y a pas de ségrégation à strictement parler pour autant. «Si une classe n’a pas beaucoup d’élèves, par exemple pour les classes de sciences dans les laboratoires, les filles et les garçons sont ensemble», fait-il ressortir. En sus, les écoles publiques secondaires sont aussi du «same sex».

Osman Jaunboccus dit ne pas comprendre pourquoi cette pratique est controversée. «La séparation n’est pas équivalente à la discrimination», souligne-t-il. Mais surtout, il prône le respect de l’autre. «Dans le catholicisme, il n’y a pas de prêtres femmes, par exemple. Il y a des pratiques religieuses qui sont prônées par la religion», soutient-il.

Quid de l’interdiction des femmes au banquet organisé par la Saudi Arabia Mauritius Frienship Association? Osman Jaunboccus lance qu’il ne faut surtout pas faire d’amalgame. «Monsieur Soodhun doit répondre pour ce qu’il fait. C’est à lui de répondre. Il ne faut, cependant, pas faire d’amalgame.»

D’où vient, justement, le «pardah», qui est un rideau qui sépare les hommes et les femmes ? Selon Bashir Nuckchady, porte-parole du Muslim Citizens Council, ce n’est pas un principe islamique mais plutôt une culture arabe, qui est respectée par certains musulmans à Maurice.

«C’est plus une pratique culturelle que religieuse. Elle vient de l’Arabie et elle n’est pas respectée par tous les Mauriciens de foi musulmane. Par exemple, l’islam qui vient de l’Inde ne prône pas la séparation», dit-il.

Il explique que ce sont les érudits islamiques, qui ont étudié en Arabie saoudite et qui ont propagé cette culture à Maurice. Culture qui est d’ailleurs, aujourd’hui, encore respectée dans les mariages, par exemple.

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