Relations diplomatiques: l’empereur rouge à Maurice

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Xi Jinping pourrait signer un accord portant sur une zone de libre-échange.

Xi Jinping pourrait signer un accord portant sur une zone de libre-échange.

Le gouvernement se prépare à dérouler le tapis rouge. Le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, sera en visite officielle à Maurice du 27 au 29 juillet dans le cadre d’une tournée africaine.

Et comme cela a été le cas en 2009, lors de la visite du président Hu Jintao, les dos d’âne seront enlevés du trajet qu’empruntera le cortège de Xi Jinping durant son séjour. Cette affaire avait fait polémique à l’époque. Une demande réitérée par la partie chinoise pour des raisons de sécurité, apprend-on de sources à l’Hôtel du gouvernement.

Le programme officiel de la visite de Xi Jinping n’a pas encore été finalisé, fait savoir une source au niveau du bureau du Premier ministre, qui travaille en collaboration avec l’ambassade de Chine à Maurice. Toujours est-il qu’avec la venue du président Xi Jinping, Port-Louis espère la signature de plusieurs protocoles d’accord dans différents secteurs, allant de l’économie océanique à l’éducation, en passant par le secteur financier et les infrastructures publiques.

Le plus important demeure la signature d’un accord portant sur une zone de libre-échange, qui devrait ouvrir de nouvelles voies d’échanges de commerce et d’investissements. Ce développement devrait positionner Maurice en tant que plateforme d’affaires par excellence dans l’axe Chine-Afrique. Pour plusieurs observateurs, la venue de Xi Jinping marque la consolidation des relations diplomatiques et commerciales. Signe d’une collaboration qui a pris de l’essor ces derniers temps.

En 2016 déjà, à travers le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en visite à Maurice, le président de la République populaire de Chine, avait exprimé son intérêt pour que Maurice fasse partie de la nouvelle Route de la Soie maritime du XXIe siècle, compte tenu de sa position géostratégique. Au cours de la visite de Wang Yi, les discussions ont également porté sur la consolidation des relations entre la Chine et Maurice, avec Maurice servant de passerelle pour les entreprises chinoises dans leur accès au continent africain. D’autres sujets discutés concernaient le rôle de la plateforme mauricienne en tant que centre de services financiers ainsi que centre de formation pour le capital humain.

L’empire du Milieu a intensifié depuis quelques années sa présence à Maurice, cadrant avec la Road and Belt Initiative, projet d’expansion économique. Le symbole de ce nouveau tournant est Jin Fei, qui a connu un nouvel essor depuis 2016, avec la construction d’une smart city avec un financement global d’un milliard de dollars (environ Rs 34 milliards). La Chine demeure un des principaux partenaires de développement de Maurice (avec plus de Rs 8 milliards au cours de ces cinq dernières années devant l’Inde). Elle a financé plusieurs projets d’infrastructures majeurs, dont le Bagatelle Dam. Elle a également consenti à aider le gouvernement mauricien dans la construction de 6 800 logements sociaux.

Il y a, en outre, eu l’entrée en opération de la Bank of China qui a démarré ses activités à Maurice pour faciliter les investissements chinois vers le continent africain à travers le centre financier mauricien.

Le tout-puissant Xi Jinping dans les pas de Mao

Xi Jinping est considéré comme le dirigeant le plus puissant depuis Mao Zedong. Le président chinois est aux commandes depuis fin 2012. À 64 ans, «Tonton Xi», qui entame son second mandat, s’est appliqué à concentrer tous les pouvoirs.

Gouverneur du Fujian en 1999, patron du Parti au Zhejiang en 2002, il entre en 2007 au Comité permanent du Bureau politique et 10 ans plus tard, il prendra les rênes du Parti communiste chinois (PCC), avant d’être automatiquement désigné président du pays. Xi Jinping poursuit alors au niveau national la lutte contre la corruption qu’il avait initiée au niveau de son État.

Non seulement l’exercice lui permet d’écarter ses adversaires politiques et de caser ses personnes de confiance, mais il contribue aussi à renforcer sa popularité. Il deviendra pour une certaine partie de l’opinion le porte-étendard d’une «grande renaissance» de la Chine. On l’affublera du surnom de «Chairman of Everything» car il va cumuler plusieurs titres : secrétaire général du PCC, président du pays, chef de la commission militaire centrale.

Il pourra désormais rester président de la République populaire à vie s’il le souhaite, à la faveur d’une modification de la Constitution qui vient, dimanche, de supprimer la limite de deux mandats.

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