Photos pornos sur Facebook: la police sur la piste d’un réseau de prostitution

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Des photos de plusieurs Mauriciens se sont retrouvées sur le groupe de discussion «Foto ek Vidéo Local».

Des photos de plusieurs Mauriciens se sont retrouvées sur le groupe de discussion «Foto ek Vidéo Local».

Tout a commencé par un coup de téléphone, jeudi 28 juin. À l’autre bout du fil, un «dénonciateur» souhaitant parler à un journaliste. «Quelqu’un m’a ajouté dans un groupe de discussion instantanée sur Facebook messenger», lâche d’emblée Muhamad (prénom d’emprunt). Ce qui l’a choqué : les dizaines de photos de filles, dont des mineures, complètement nues, des messages explicites et salaces. 

«Dapré séki mo’nn konpran, sé bann ti kopin bann tifi lamem ki’nn posté sa, pou fer gran nwar. Éna lézot tifi ousi finn fer zot piézé, zot ti krwar kan zot avoy foto touni bann boug-la zot pou vinn mankin…» Depuis, une déposition a été faite à la police et une enquête ouverte

À hier, samedi 30 juin, ledit «chat», «Foto ek Vidéo Local», avait été supprimé. Selon nos informations, celui qui a créé ce «chat» pourrait être à la tête d’un réseau de prostitution. Il s’agit d’un dénommé N. P. D’après la police, cet habitant de Flacq serait propriétaire d’un salon de massage à Grand-Baie. 

Selon les policiers, si N. P. a créé ce «chat», c’est pour attirer une clientèle, essentiellement composée d’hommes, en leur envoyant des photos et vidéos de jeunes femmes nues. Le N. P. en question a trois profils Facebook. Nous avons essayé, en vain, de le contacter via le réseau social. Nous avons également essayé de le retracer en appelant tous ceux qui portent le même nom de famille que lui. Mais personne ne connaît «sa dimounn-la». 

Une petite virée à Grand-Baie, pour localiser son salon de massage n’a rien donné, pour l’instant. Les personnes abordées disent ne pas le connaître. S’agirait-il alors d’un faux profil aussi ? La police assure que non. «Nou pé rod li la. Nou pou gagn li…»

«Fer gran nwar»

Entre-temps, les groupes partageant des photos de Mauriciennes, en tenue d’Eve, pullulent sur Facebook. Leurs noms sont, pour certains, explicites : «Foto ek Vidéo local», «Clip local», «21+ Naughty Jokes»… Partager des photos et des vidéos à caractère érotique et pornographique serait une pratique qui prend de l’ampleur, surtout depuis que le fameux «Kevin» – celui qui tire plus vite que son ombre – a fait parler de lui, souligne une internaute. Certains se sont découvert des talents d’acteur porno. 

«L’un des groupes compte plus de 65 000 membres. On y voit des photos de jeunes femmes ou de couples, mauriciens ou étrangers.» La plupart des membres actifs de ce groupe sont des hommes et ce sont eux qui postent le plus fréquemment, souvent sous un faux profil. Les membres du groupe sont aussi bien des collégiens que des quinquagénaires. 

D’où viennent les photos et les vidéos? Certains «petits copains», sans scrupule, n’hésitent pas à envoyer des images de leurs copines, dans leur plus simple appareil. Pour se vanter, comparer, «fer gran nwar». D’autres encore utilisent toutes sortes de subterfuges pour appâter des jeunes filles naïves et crédules. 

Pour rappel, la diffusion d’images obscènes sur les réseaux sociaux est passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans. Les «cyberpervers» risquent également d’écoper d’une amende de Rs 1 million. 

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