Migrants: Merkel fait des propositions pour un nouveau tour de vis en Allemagne

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La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 29 juin 2018.

La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 29 juin 2018.

La chancelière allemande Angela Merkel a proposé à ses partenaires de coalition une batterie de mesures pour renforcer le contrôle des flux migratoires, selon un document qu’elle leur a adressé samedi à la veille de réunions cruciales pour la survie de son gouvernement.

Très affaiblie par une fronde de son aile droite bavaroise, la dirigeante conservatrice souhaite notamment que les migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans un autre pays de l’Union européenne soient placés dans des centres d’accueil spéciaux et aux conditions très restrictives, selon un texte de huit pages transmis au Parti social-démocrate (SPD) et aux conservateurs bavarois et dont l’AFP a obtenu copie.

«Dans ces centres d’accueil spéciaux, il y aura une obligation de résidence (...) comportant si nécessaire des sanctions», selon le document. Le but apparaît de statuer aussi rapidement que possible sur les dossiers.

En aucun cas la gestion de l’accueil de ces nouveaux arrivants ne sera confiée aux communes, comme ce fut par exemple le cas avec l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016.

Plus généralement, Angela Merkel insiste sur le fait que «nous voulons continuer à réduire le nombre de migrants arrivant en Allemagne» bien que «leur nombre ait baissé de 20% sur les cinq premiers mois de 2018 par rapport à la même période de 2017».

Cette proposition concernant les centres d’accueil spéciaux apparaît comme une main tendue aux conservateurs bavarois, en particulier à son ministre de l’Intérieur Horst Seehofer qui lui a lancé un ultimatum pour trouver une solution européenne aux flux migratoires faute de quoi il ordonnera le refoulement aux frontières des migrants déjà enregistrés dans un autre pays européen.

Angela Merkel a toujours refusé toute mesure unilatérale et a négocié d’arrache-pied à Bruxelles des avancées au niveau européen pour réduire la pression migratoire et contenter son turbulent allié.

Elle a également assuré avoir obtenu le feu vert de 14 pays de l’UE en vue de renvoyer les migrants enregistrés dans ces pays, selon des sources au sein de la coalition.

Vendredi déjà, son gouvernement avait fait savoir que l’Espagne et la Grèce avaient donné leur accord pour reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais enregistrés chez eux dans les bases de données européennes.

Parmi ces 14 pays figurent, outre la France, de farouches opposants à la généreuse politique d’accueil des réfugiés décidée par Mme Merkel en 2015, comme la Pologne, la République tchèque ou la Hongrie.

L’Italie, parmi les pays en première ligne pour les arrivées de migrants, n’y figure pas en revanche.

A l’heure actuelle, l’Allemagne ne renvoie des migrants enregistrés dans la base de données Eurodac «que dans 15% des cas environ», est-il écrit dans ce document. «Afin d’augmenter nettement ce pourcentage, nous concluons avec différents Etats membres des accords» qui «accélèrent les procédures de renvoi et surmontent les obstacles aux renvois», selon la même source.

M. Seehofer, un Bavarois très conservateur, a fait d’un durcissement des conditions d’accès au système d’asile allemand un casus belli.

L’ensemble de ces avancées doivent être examinées dimanche par le parti de Mme Merkel (CDU) et celui de M. Seehofer (CSU), deux formations alliées depuis 1949 mais qui se sont retrouvées au bord du divorce en raison du débat sur les migrants.

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