Journée de manifestations contre la politique migratoire de Trump

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Des manifestants à Washington le 28 juin 2018, réclamant le regroupement des enfants de clandestins avec leurs parents.

Des manifestants à Washington le 28 juin 2018, réclamant le regroupement des enfants de clandestins avec leurs parents.

Des dizaines de milliers de personnes ont prévu de manifester samedi dans plusieurs villes des Etats-Unis contre la politique migratoire de Donald Trump, notamment pour réclamer le regroupement immédiat des enfants et de leurs parents clandestins appréhendés à la frontière mexicaine.

L’une des plus grandes manifestations aura comme point de départ le parc jouxtant la Maison Blanche, à Washington, bien que le président américain se trouve dans l’un de ses golfs, à Bedminster, près de New York.

«Les familles doivent rester ensemble» est le slogan de cette journée, alors que les autorités fédérales américaines ont désormais pour ordre de ramener les enfants auprès de leurs parents, une tâche qui s’éternise.

Jeudi, près de 600 manifestants, en majorité des femmes, ont été interpellées puis relâchés par la police du Capitole après avoir protesté bruyamment dans un bâtiment du Sénat.

Le président américain a annulé le 20 juin sa politique de séparation des familles mais vendredi environ 2.000 enfants sur plus de 2.300 attendaient toujours de retrouver leurs parents. Les mineurs sont pris en charge dans des foyers répartis dans tout le pays, parfois à des milliers de kilomètres du centre de détention où sont retenus leurs parents.

Un juge fédéral de San Diego (Californie) a donné 30 jours aux autorités fédérales pour ces regroupements, et deux semaines quand les enfants ont moins de cinq ans.

C’est la lenteur de ce processus et l’annonce du gouvernement Trump que les familles entières seraient dorénavant placées en détention, sans exception pour la présence d’enfants, qui provoquent la colère de la gauche américaine et le malaise d’une partie des républicains.

L’appel à la suppression pure et simple de la police de l’immigration (ICE) n’est désormais plus entendu que dans les franges les plus radicales de la gauche.

Plusieurs élus démocrates de haut rang souscrivent depuis quelques jours à cette revendication, dont le maire de New York Bill de Blasio et la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, candidate potentielle à l’élection présidentielle de 2020.

- Abolir «ICE» -

Créée en 2003, moins de deux ans après les attentats du 11-Septembre, l’ICE incarne la politique de «tolérance zéro» de l’administration Trump, ses agents ayant pour tâche principale d’interpeller les personnes en situation irrégulière, en vue de leur expulsion.

Le président américain loue régulièrement ces fonctionnaires et se targue d’être largement soutenu par eux, ainsi que par ceux chargés de la surveillance de la frontière (Border Patrol).

«A tous les hommes et femmes courageux de l’ICE: ne vous inquiétez pas, gardez le moral. Vous faites du travail fantastique pour nous protéger en éradiquant les pires éléments criminels», a-t-il tweeté samedi matin.

«Les démocrates de la gauche radicale ne veulent plus de vous. Bientôt ce sera toute la police. Aucune chance que ça arrive!», a-t-il poursuivi.

Il a affirmé avoir «vu l’ICE libérer des villes du joug de MS-13», le gang salvadorien.

Si la Maison Blanche s’est engagée à ne plus séparer enfants et familles, elle a revanche annoncé revenir à une politique de détention des familles, ensemble.

Mais une décision judiciaire de 1997, dites «Flores», impose aux autorités fédérales de ne pas maintenir en détention les enfants plus de 20 jours. Un casse-tête pour l’administration Trump, car les délais judiciaires pour traiter les cas de clandestins sont de l’ordre de plusieurs mois, voire des années.

Le ministère de la Justice a donc officiellement demandé vendredi à un juge fédéral d’amender la décision Flores, afin de lui permettre de retenir les familles clandestines jusqu’à la conclusion de leur parcours judiciaire ou pénal.

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