Tourisme: Anil Gayan et l’AHRIM règlent leurs comptes

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(De g. à dr.) Jean-Louis Pismont et Jean-Michel Pitot, respectivement président sortant et nouveau président de l’AHRIM, ainsi que le ministre du Tourisme, Anil Gayan. © Sumeet Mudhoo

  (De g. à dr.) Jean-Louis Pismont et Jean-Michel Pitot, respectivement président sortant et nouveau président de l’AHRIM, ainsi que le ministre du Tourisme, Anil Gayan. © Sumeet Mudhoo  

Une partie de pingpong entre les hôteliers et le ministre du Tourisme. C’est ainsi que l’on peut décrire l’assemblée générale de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), ce mercredi 27 juin, à Lux* Grand-Gaube. Elle a été l’occasion pour Anil Gayan de mettre les points sur les «i»...

D’abord le président sortant de l’association, Jean-Louis Pismont, et le nouveau président, Jean-Michel Pitot, ont exprimé certains facteurs et contraintes affectant l’industrie. Prenant la parole juste après eux, Anil Gayan n’y est pas allé de main morte. Il a repris point par point les problèmes évoqués.

L’inclusivité

Jean-Louis Pismont a soutenu qu’il faut cesser de critiquer les hôteliers qui n’aideraient pas suffisamment la communauté locale. «Nous sommes las d’entendre dire que les hôteliers sont égoïstes et que leur croissance ne profite pas assez à la communauté. Ces critiques sont injustes. Nous n’avons aucune volonté d’exclure qui que ce soit.» Anil Gayan rétorque sans détour : «Quand je parle d’inclusivité, je n’invente rien. C’est l’Organisation mondiale du tourisme qui le dit. L’avenir du tourisme durable dépend de l’inclusivité. Votre industrie sera défendue et protégée quand tout le monde sera partie prenante de son développement.»

All inclusive

Jean-Louis Pismont a déclaré que seul 45 % de la clientèle hôtelière utilisent la formule All inclusive. Et que 4 touristes sur 10 ne séjournent pas à l’hôtel. Anil Gayan a lancé en boutade : «Le modèle All Inclusive risque de subir le même sort que le dodo. Les hôteliers seraient bien avisés d’encourager les réservations en ligne. Ils commencent à le faire d’ailleurs. Ensuite, le taux de clients All inclusive est en baisse et c’est très bien. »

Taux de change

Jean Michel Pitot a argué que l’euro à Rs 39 a plombé les revenus des hôteliers et que la livre sterling a perdu 30 % de sa valeur, alors que depuis dix ans les coûts d’opération des hôteliers «ont grimpé de façon exponentielle». Ce à quoi le ministre du Tourisme a lancé : «Quand il y a des windfall gains qui en parle ? Cela fait partie de la vie. La livre a baissé pour tout le monde, pas seulement pour le secteur touristique.»

Masse salariale

Toujours au chapitre des coûts de production en hausse, Jean-Michel Pitot a dit que le salaire moyen dans les hôtels est passé de Rs 11 000 à Rs 22 000. «La masse salariale représentait 23 % de nos coûts de production, aujourd’hui elle compte pour 30 %. Malgré tout, nous créons des emplois et nous ne nous sommes jamais arrêtés.» Anil Gayan de répondre : «Vous dites que les salaires ont grimpé et bien c’est tout à l’honneur de l’industrie… D’ailleurs ce serait bien de voir l’écart entre ces Rs 22 000 et les gros salaires.»

L’AHRIM s’est défendue en disant qu’«il faut casser les préjugés» qui visent à faire croire que la vie des hôteliers est facile. «Tout n’est pas rose.»

D’autres boutades ont été lancées par le ministre du Tourisme, par exemple : «Même les palaces resteraient vides si l’État n’investissait pas dans les infrastructures.» Il faisait alors référence à un projet hôtelier à Rivière-Noire «qui n’est resté qu’un projet» pendant dix ans et qui n’a démarré que lorsque l’État a créé des infrastructures sur place…

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