La vente de la nationalité mauricienne redirige les projecteurs sur l’Economic Development Board

Avec le soutien de
Charles Cartier et Azim Currimjee, président et vice-président de l’EDB respectivement.

Charles Cartier et Azim Currimjee, président et vice-président de l’EDB respectivement.

Sur les huit membres du conseil d’administration de l’Economic Development board (EDB), sept sont issus du privé. Une composition qui ne fait pas l’unanimité… Même au sein de l’exécutif du «board». Charles Cartier, lui, se défend au niveau de sa rencontre avec Henley & Partners, firme controversée spécialisée en «Residence and citizenship planning».

Sept des huit membres de l’Economic Development Board (EDB) sont issus du secteur privé. Ce qui fait sourciller de nombreux observateurs, alors que l’EDB est au cœur d’une polémique entourant la vente de passeport et de nationalité. Des membres ont rencontré des représentants de Henley & Partners, firme spécialisée dans le Citizenship & Planning et controversée.

Lors de son intervention dans le cadre des débats budgétaires, le député travailliste Shakeel Mohamed, a, d’ailleurs, relevé ce qu’il estime être une anomalie. Mais il n’est pas le seul à penser ainsi puisque, même au sein de l’exécutif de l’EDB, la composition du conseil d’administration ne fait pas l’unanimité…

Accenture et intelligence artificielle

«Sept membres du board de l’EDB viennent du secteur privé. Charles Cartier, par exemple, travaille pour Accenture. En première page d’Accenture, l’on voit quoi ? Leurs services Artificial Intelligence», a lancé Shakeel Mohamed au Parlement. Sur le conseil d’administration de l’EDB, sept membres viennent du secteur privé, dont le président et le viceprésident, Azim Currimjee. Le seul membre représentant du public est le secrétaire financier Dev Manraj.

Sollicité par l’express, Shakeel Mohamed explique qu’il est dangereux pour l’investissement que les représentants soient tous du secteur privé. Pour lui, avant même d’arriver au conflit d’intérêts, il faut tenir compte de l’image que l’investisseur peut se faire. «Il faut se poser la question de l’état d’esprit d’un investisseur quand il sait qu’il va devoir expliquer son projet, dévoiler ses secrets à des gens qui ont la capacité financière de partager leur propriété intellectuelle.»

«Policy capture»

D’ailleurs, dans une interview accordée à l’express le 15 janvier, Rama Sithanen, ancien ministre des Finances, évoquait déjà les risques de «policy capture». «C’est-à-dire des personnes au sein de ce board qui ont un dual-personality role. Elles ne font pas la distinction entre leur rôle de directeur de l’EDB et celui de leur entreprise. Quand on regarde et qu’on analyse le background de certains nominés, les risques de policy capture sont énormes dans une petite économie comme la nôtre.» Pour lui, avec la composition actuelle du conseil d’administration, ce risque est grand.

L’on partage, d’ailleurs, la même opinion au sein de l’exécutif de l’EDB. «Nous abordons beaucoup de sujets : la taxation, des secteurs qu’il faut laisser mourir… par exemple. Et si une mesure abordée est désavantageuse pour l’autre fonction que tient un membre du conseil d’administration, ce dernier peut ne pas voir l’intérêt public», explique-t-on. Surtout avec le nouveau rôle de l’EDB, qui sera amené à chapeauter les activités de strategic planning des différents ministères. «Est-ce qu’une équipe du privé pourra comprendre ces ministères ?»

Pourquoi, donc, a-t-on opté pour un board composé de membres du privé ? «Il y a un mythe à Maurice que le secteur privé est plus efficace. Mais si l’on met les ressources nécessaires et que l’on rémunère correctement les membres… ça devrait se faire», soutient-on. Autre option : un board à composition égale privé-public et des sous-comités techniques et sectoriels.

Committee of Supply: l’opposition enquête sur les dépenses de L’EDB

Lors de la tranche accordée au Committee of Supply pour le Prime Minister’s Office, lundi 25 juin, les membres de l’opposition ont demandé des informations sur l’EDB et sur ses dépenses ainsi que l’argent qui y a été investi. Le Premier ministre (PM) a répondu que l’organisme commence à peine ses activités.

Rencontre avec Henley & Partners, Charles Cartier réagit

En réponse aux articles parus récemment dans l’express, Charles Cartier nous a fait parvenir la mise au point suivante, lundi 25 juin.  

Mise au point by L'express Maurice on Scribd

Note de la rédaction : des questions sans réponse… ou presque

Dans notre édition de lundi 25 juin, nous avons souligné qu’il était inhabituel de rencontrer un éventuel bénéficiaire d’une mesure juste avant la présentation du Budget. Et suivant la mise au point envoyée par l’EDB, l’express a souhaité obtenir de plus amples détails auprès du Chairman, Charles Cartier. Nous lui avons posé les questions suivantes :

• Est-il habituel que le Chairman, l’Acting Director, Ken Poonoosamy, et le Head of Development, Sachin Mohabeer, rencontrent tous les trois des investisseurs si vous voyez «des dizaines d’investisseurs et d’hommes d’affaires toutes les semaines» ?

• Est-ce que l’EDB a effectué un background check sur la firme Henley & Partners (H&P) avant la réunion ?

• Est-ce H&P qui a sollicité une réunion ?

• Avez-vous été convaincu par le projet de H&P ?

Si ce dernier a répondu à nos questions, de manière plutôt floue, il a, cependant, demandé à ce que les réponses ne soient pas publiées. «Je ne veux pas que ce que j’ai dit soit publié. La mise au point suffira.»

À une exception près, une chose que Charles Cartier a omise dans sa mise au point : «Je n’ai rencontré ce représentant qu’une seule fois.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires