Brutalité policière alléguée: un ado de 16 ans porte plainte

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L’adolescent allègue avoir reçu une gifle et un coup de tonfa à la main lors de son passage au poste de police de Curepipe.

  L’adolescent allègue avoir reçu une gifle et un coup de tonfa à la main lors de son passage au poste de police de Curepipe.  

Cet événement restera dans sa mémoire pour longtemps encore. Adrien, 16 ans et habitant Ebène, a dû se rendre à l’hôpital muni d’un Form 58 pour y recevoir des soins après qu’il aurait reçu des coups de deux policiers. Il aurait été violemment giflé, puis il aurait reçu un coup de tonfa, le baton utilisé par la police. C’est du moins ce qu’il allègue. Sa mère a porté plainte au poste de police de Curepipe à cet effet. Alors que son père a alerté l’Independent Police Complaints Commission.

Les faits se seraient produits le lundi 18 juin. L’adolescent explique qu’il se trouvait sur un banc dans la cour de la municipalité de Curepipe en compagnie de sa petite amie lorsqu’un policier en uniforme leur a demandé de le suivre au poste de police. «C’était après les heures de classe, vers 15 h 30. J’étais en civil mais ma copine portait l’uniforme de son collège. J’ai dit au policier qu’on allait rentrer dans quelques minutes. Nou ti pe zis kas enn poz trankil. Mais il n’a rien voulu entendre et nous a ordonné de l’accompagner au poste», raconte Adrien. Une fois sur place, les deux jeunes sont placés dans deux pièces différentes où il y avait d’autres policiers.

«Mo lalev inn kase»

«Un policier a commencé à m’insulter lorsque j’ai voulu aller récupérer mon portable avec ma petite amie pour téléphoner à ma mère. Un autre policier m’a giflé lorsque j’ai dit qu’on n’avait pas le droit de m’insulter. Mo lalev inn kase. Un autre policier est alors entré dans la pièce avec un tonfa avec lequel il m’a donné un violent coup à la main gauche. Il avait déjà pris mon portable pour vérifier mes photos et mes vidéos avant de le projeter sur la table», soutient Adrien.

Il souligne que les coups reçus l’ont fait hurler de douleur : «Mo 35 inn tann mwa. Li ti pé kriyé ek dir aret bat mwa. Zis apré zot inn fer mwa sign enn papie san montre mwa ki ti ekrir lorla.» Plus tard, sa mère a débarqué au poste après avoir reçu un appel d’un policier. Après s’être entretenue avec son fils, elle a porté plainte pour brutalités policières.  Mère et fils se sont ensuite rendus à l’hôpital de Candos munis d’un Form 58 afin que l’adolescent y reçoive des soins.

Le service de presse de la police s’est refusé à tout commentaire sur cette affaire, arguant qu’il y a deux enquêtes en cours. Toutefois, une source policière nous a déclaré que l’adolescent ne dit pas toute la vérité. Notre source affirme qu’Adrien et sa copine se trouvaient dans une «position indécente» lorsque le policier les a rappelés à l’ordre. Il les aurait interpellés lorsqu’Adrien l’aurait insulté.

Selon notre source toujours, l’adolescent n’a pas été arrêté ce jour-là, étant encore mineur. On lui a simplement donné un warning avant de l’autoriser à rentrer chez lui. Notre interlocuteur réfute également les allégations de brutalités policières. Mais le principal concerné maintient, lui, avoir été brutalisé.

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