Mauritius National Investment Authority: les travailleurs évincés

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Des personnes âgées touchant leur pension à la poste.

Des personnes âgées touchant leur pension à la poste.

Des syndicalistes envisagent déjà de se constituer en un front commun. Ils s’inquiètent de l’avenir incertain du National Pension Fund (NPF) et du National Savings Fund (NSF). Ils craignent que les employés et employeurs qui ont actuellement un contrôle sur les investissements des fonds ne l’aient plus, une fois que ceux-ci passeront sous l’égide de la Mauritius National Investment Authority qui devrait bientôt voir le jour.

La Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP) a envoyé une lettre au ministre de la Sécurité sociale en ce sens, il y a deux semaines. Lettre qui est restée jusqu’ici sans réponse…

«Quand les fonds seront sous la Mauritius National Investment Authority, quel contrôle les travailleurs auront-ils sur leur argent ?» se demande Rashid Imrith, syndicaliste. Pour Reaz Chuttoo, président de la CTSP, il est urgent de mettre en place un comité où siégeront aussi les syndicalistes pour travailler sur l’avenir du fonds de pension. «Il est hors de question que les travailleurs n’aient pas leur mot à dire sur leur argent !» lance-t-il.

«En ce moment, les comités pour les fonds du NSF et du NPF sont constitués de personnes qui ne comprennent pas forcément la finance et l’investissement», explique une source proche du dossier. Le but est de mieux structurer la Mauritius National Investment Authority. Mais du coup, il se pourrait que les représentants des employés et des employeurs qui versent de l’argent à ces fonds ne puissent plus faire partie du processus de prise de décision.

Si en ce moment ces comités d’investissements sont tripartites, soit constitués de représentants d’employés, d’employeurs et de techniciens du ministère de la Sécurité sociale, cela ne sera plus le cas sous la Mauritius National Investment Authority. Celle-ci sera constituée d’un comité d’investissement composé d’experts de la finance. Outre ce comité, un conseil d’administration et un Investment Director devront donner leur aval sur les décisions d’investissement.

La source proche du milieu remarque qu’il faut se demander comment l’on choisira les membres du comité. «Sous le régime actuel, certains membres sont là depuis plus de six ans. Ce n’est pas normal.»

Se pose surtout la question du choix de l’Investment Director. Comme la Mauritius National Investment Authority est sous la tutelle du bureau du Premier ministre, l’on se demande «si ce ne sera pas un nominé politique sans échine qui ne pourra pas contredire le Premier ministre».

Ce qui inquiète encore plus, c’est que les fonds de pension sont souvent de l’argent facile à puiser pour le gouvernement. «À travers le monde, il y a souvent eu des problèmes avec ces fonds. C’est de l’argent readily available», note Rashid Imrith.

Dans le cas des fonds du NSF et du NPF, ces craintes ne sont pas tellement farfelues. L’utilisation de cet argent avait même été considérée pour rembourser les détenteurs du plan Super Cash Back Gold.

 Qui plus est, d’autres fonds qui seront gérés par la Mauritius National Investment Authority ne sont pas que des fonds de pension. Par exemple, le Sovereign Fund qui sera créé bientôt. Cependant, rassure un expert en investissement, «ce n’est pas un problème : il faut juste qu’il y ait une stratégie d’investissement bien définie pour chaque fonds».

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