Zone Sud: les maisons en amiante indésirables toujours

Avec le soutien de
Voici là quoi ressemble une maison en amiante, encore habitée, à la cité EDC de Bel-Ombre.

Voici là quoi ressemble une maison en amiante, encore habitée, à la cité EDC de Bel-Ombre.

À Surinam où nous nous sommes rendu, plus précisément à la cité EDC, les maisons en amiante sont omniprésentes dans ce quartier. L’on compte environ une vingtaine de résidants toujours dans ce type de maisons.

Si la majorité d’entre eux n’y habitent plus, du fait qu’ils ont construit des maisons en béton ailleurs, leurs maisons en amiante sont tout de même restées sur leurs terrains car «cela coûte cher de s’en débarrasser».

Ils sont d’avis que malgré cela, les risques à la santé liés à l’exposition à l’amiante sont toujours là.

Qu’en est-il des autorités ? Julien Bergicourt, travailleur social de cette région, affirme que «beaucoup de visites ont été conduites par le conseil de district, le ministère du Logement et des terres et le Trust Fund» mais sans plus. Des officiels avaient affirmé, au début de l’année, que «des experts seront embauchés pour la démolition de ces maisons».

Bel-Ombre et Mahébourg

Émilie Samaridine, une trentenaire que nous avons rencontrée, habite encore dans une maison en amiante. Elle avance souffrir de troubles respiratoires, de même que ses enfants, et que le diagnostic mettrait en cause les conditions dans lesquelles elle vit.

«On voudrait bien démolir la maison en amiante et en construire une en béton mais on n’a pas le droit de le faire normalement ; cela demanderait l’aide d’experts mais nous ne pouvons le faire faute de moyens» ajoute-t-elle.

John Coivyava, qui habite aussi dans une maison en amiante, précise que ces maisons devaient être de nature «temporaire» et qu’avec le temps elles se sont détériorées. «La majorité des maisons en amiante sont dans un état déplorable et c’est de plus en plus difficile d’y vivre», nous dit-il.

Son de cloche identique à la cité EDC de Bel-Ombre. Des visites répétées des autorités sans que rien ne se passe. Ici, plus d’une dizaine de personnes vivent encore dans des maisons en amiante. «Malgré le fait que plusieurs n’y habitent plus, le danger est toujours présent car les anciennes maisons y sont toujours», fait remarquer Julien Bergicourt.

À Résidence La-Chaux, Mahébourg, une zone de concentration de maisons en amiante, la situation est critique. Presque la moitié des habitants résident toujours dans ces maisons et, d’un habitant du quartier, les problèmes respiratoires sont choses communes parmi les enfants du quartier.

Ici aussi, les habitants disent attendre la réaction des autorités. Dans le district de Grand-Port on compte 602 maisons en amiante au total.

Interrogés, des préposés aux conseils de district de Savanne et de Grand-Port déclarent attendre l’arrivée des experts et l’aval du ministère du Logement et des terres avant d’entamer la démolition des maisons en amiante et le relogement de certains habitants.

Ces derniers, eux, ont passé …plus de 30 ans à attendre que tel soit le cas.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires