Intelligence artificielle: la révolution n’est pas pour demain

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Plusieurs obstacles se dressent devant l’émergence de l’intelligence artificielle comme créneau d’avenir.

Plusieurs obstacles se dressent devant l’émergence de l’intelligence artificielle comme créneau d’avenir. 

Un certain scepticisme du côté des opérateurs du secteur des technologies. La promotion de l’intelligence artificielle (IA) en tant que créneau économique est une des vraies bonnes idées du Budget 2018- 19, concèdent-ils. Dans les faits, toutefois, ce n’est pas aussi simple… 

Qui dit Ia dit main d’œuvre qualifiée et numérisation des services publics (voir plus loin). Et c’est justement là où le bât blesse. «L’État n’a pas encore digitalisé les services publics», fait valoir Dev Sunnasy, président de la Mauritius Industry Information & Technology Association (MITA). Il se demande, d’ailleurs, si volonté politique il y a pour ce faire. «La numérisation des services publics veut aussi dire que l’on peut moins cacher certaines choses…» 

Reste que l’e-government nécessite du personnel qualifié pour la mise sur pied du projet, mais aussi une formation pour utiliser et maintenir ce système. Dans son discours budgétaire, Pravind Jugnauth a annoncé 50 bourses pour la spécialisation dans la filière de l’IA ainsi que des programmes de coding dans les écoles primaires et secondaires. Un effet d’annonce, selon le Dr Heman Mohabeer, détenteur d’un doctorat en IA. 

Quant à l’augmentation annoncée du nombre d’admissions en Computer Science à l’université de Maurice, «il faudrait restructurer les licences pour donner un meilleur aperçu des technologies innovantes», insiste-t-il. 

Au sein de l’Economic Development Board (EDB), on s’inquiète aussi du manque d’expertise. «Les decision-makers ne savent même pas de quoi l’on parle. Et ils ne prennent pas l’initiative de se tourner vers des experts non plus», lâche une source. De souligner qu’«il n’y a même pas une base de données de la diaspora, spécialisée en IA, qui pourrait nous aider». Elle déplore, dans la foulée, l’absence de «volonté d’en créer une». 

Ce que confirme le Dr Heman Mohabeer. «Ce sont toujours des étrangers qui viennent parler de l’IA à Maurice», dit-il, alors que les talents mauriciens, tel le Dr Ramesh Caussy, scientifique mauricien internationalement reconnu dans le domaine de l’IA, sont ignorés. Tout cela fait dire, du côté de l’EDB, qu’il faudrait, en premier lieu, créer des partenariats concrets avec de grosses compagnies extérieures. 

Ce que dit le rapport  

Le 18 mai, la Financial Services Commission recevait le rapport du comité chargé de se pencher sur la mise sur pied de la technologie financière. Parmi les recommandations, la mise sur pied d’un fonds pour l’investissement dans les technologies innovantes, telle l’IA, et la création d’une instance pour se pencher sur les modalités de ce secteur. Aussi, la mise à jour de l’infrastructure numérique locale. Le rapport a également relevé le «dire shortage of data scientists». Le rapport préconise, en outre, que le fonds soit utilisé pour financer la recherche et encourager les entreprises. 

C’est quoi l’IA?  

Outre un Mauritius Artificial Intelligence Council, des formations dans les technologies innovantes, telle l’IA, seront lancées. Annonce du ministre des Finances lors du discours budgétaire. L’IA, c’est quoi ? «L’idée est que des tâches qui nécessitent d’habitude l’intervention humaine puissent être automatisées», répond le Dr Salil Deena, chercheur mauricien dans le domaine de l’Artificial Intelligence and Machine Learning à l’université de Sheffield, en Angleterre. Il cite l’exemple d’une voiture qui se conduit toute seule. «C’est une invention qui requiert un logiciel d’IA. La voiture est munie de caméras qui détectent un tournant, une personne qui traverse le chemin, par exemple.» L’IA peut, en fait, être utilisée dans divers domaines, dont les services financiers. «L’IA analyse toutes les données et elle enlève le ‘bias’», souligne le Dr Heman Mohabeer, expert en la matière. Cela peut s’avérer un avantage considérable pour Maurice, notamment en termes de gestion de patrimoine. 

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Il a conclu son grand oral. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui a enfilé son manteau de ministre des Finances, a-t-il pu répondre aux attentes de la population et des acteurs économiques avec le Budget 2018-18 ? Eléments de réponse.

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