L’immobilier de luxe, le parent pauvre de l’investissement étranger

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Des acheteurs étrangers ont dit vouloir obtenir un passeport mauricien contre de l’investissement.

Des acheteurs étrangers ont dit vouloir obtenir un passeport mauricien contre de l’investissement.

Depuis l’an dernier, 300 villas ne trouvent pas preneur. Sans compter que depuis quelques années, la vente d’IRS est en chute libre. La vente du passeport, voire de la nationalité, changera-telle la donne ?

La vente du passeport mauricien stimulera-t-elle l’immobilier de luxe ? Force est de constater que la vente de villas sous l’Integrated Resort Scheme (IRS) et le Real Estate Scheme (RES) est en chute libre. D’ailleurs, 300 villas peineraient à trouver preneurs depuis l’année dernière. «Là, on plafonne», reconnaît un expert en investissement.

Concrètement, de 2015 à 2017, la vente de villas IRS est passée de 198 à 50 (voir le tableau plus bas). Chiffres publiés par le ministère des Finances dans le Budget Supplement 2018-19.

Le nombre de villas vendues ces sept dernières années.

En contrepartie, 67 villas sous le Property Development Scheme (PDS) ont été achetées cette année, soit 65 de plus que l’année dernière. «Cela ne justifie pas pour autant la baisse des ventes des IRS ou RES», souligne un promoteur. Afin de faire le point sur ce secteur, l’association des promoteurs de villas IRS/RES, membres associés de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice, a commandé un rapport indépendant en début d’année. Lequel a révélé qu’aucun acquéreur ne s’est manifesté pour plus d’une centaine de villas.

Compétition

Un coup de pompe du secteur immobilier que confirme le Gross Direct Investment Flows de la Banque de Maurice pour l’année 2017. Celui-ci relève une baisse, quoique minime, de la vente de villas IRS, RES ou PDS, voire les investissements dans l’Invest Hotel Scheme. Passant à Rs 5,8 milliards contre Rs 7,9 milliards en 2016 et Rs 6,8 milliards en 2015. D’ailleurs, avec l’essor du secteur des services financiers, l’apport de l’immobilier de luxe au Foreign Direct Investment (FDI) diminue considérablement. Chutant de 70 % en 2015 à 33,02 % en 2017.

Comment expliquer une telle situation ? «Depuis un bon moment, le seul créneau qui attire les étrangers, c’est le Real Estate mais ces derniers temps, ce secteur s’est essoufflé», dit l’expert en investissement. C’est pour cela que plusieurs «schemes» ont été lancés, explique-t-il.

«L’IRS en premier lieu, après il y en a eu d’innombrables autres. On a aussi dû améliorer les incitations fiscales», avance-t-il. Le fait est que la compétition est rude, fait-il ressortir. «Plusieurs autres pays dépendent de l’immobilier de luxe et leurs incentives sont tout aussi attrayantes.»

C’est là qu’entre en jeu le passeport mauricien. Selon cet expert, plusieurs étrangers ont indiqué qu’obtenir le passeport mauricien les aurait encouragés à investir dans l’immobilier. Le passeport mauricien serait, en effet, utile à plusieurs profils d’investisseurs.

«Avec un passeport mauricien, il est plus facile pour les Européens d’investir en Afrique puisque nous n’avons pas besoin de visa. De l’autre côté, les investisseurs africains et indiens convoitent le passeport mauricien parce que cela leur offre le visa Schenghen pour l’Europe», fait valoir l’expert en investissement. Et d’ajouter que cette mesure aurait pu booster les services financiers en créant une demande pour les services de gestion de patrimoine, par exemple.

Reste que l’obtention de la citoyenneté ou du passeport mauricien en échange de Rs 35 millions et Rs 17 millions respectivement, ne garantit nullement un redémarrage de l’investissement dans le foncier. Cette condition n’est nullement attachée à la mesure budgétaire présentée par le ministre des Finances. «L’idée est là mais il faut construire sur ce que l’on essaie de faire depuis des années. Là, c’est un créneau compétiteur que l’on crée», soutient un promoteur bien connu.

Un autre promoteur s’inquiète. «L’IRS est réservé aux non-citoyens. Est-ce que ces gens qui ont reçu la nationalité mauricienne pourront investir dans les IRS ou RES ? Une fois sur le territoire mauricien, voudront-ils investir dans l’immobilier de luxe ?» D’autant qu’«ils auront le droit d’acheter des maisons et de les louer comme tous Mauriciens».

Attirer les firmes internationales

Dans l’entourage du Premier ministre, on laisse entendre que la vente de la nationalité mauricienne, voire du passeport, vise surtout à attirer des firmes internationales à Maurice.

Pour le moment, explique-t-on, l’investissement étranger se fait surtout dans l’immobilier de luxe. «Cela nous fait des revenus. Mais après ?» L’idée est donc de faire venir des talents qui pourront lancer de nouveaux secteurs économiques ou s’intégrer à d’autres secteurs et ainsi créer d’autres sources de revenus et des emplois.

IRS, RES ET PDS, les nuances

Ces «schemes» ont été créés afin de permettre aux étrangers d’investir plus facilement dans l’immobilier à Maurice. Cependant, aujourd’hui, un promoteur ne peut qu’obtenir un permis pour le développement de villas PDS puisque les autres plans sont obsolètes. IRS : c’est le premier plan à avoir été lancé par le gouvernement mauricien en 2001. Sous ce «scheme», le développement doit dépasser 10 hectares. RES : sous ce plan, lancé en 2007, le développement peut se faire sur un terrain de 4 000 m2 à 10 hectares. Le projet doit comprendre au minimum six unités résidentielles.

PDS : il s’agit d’un mélange de l’IRS et du RES entré en vigueur en 2005. Il n’y a de plafond quant à la taille du développement. De plus, les promoteurs ne sont pas obligés de vendre 25 % de leurs propriétés aux Mauriciens ou aux membres de la diaspora.

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