Robin Hardin: «L’immobilier, commercial ou résidentiel, est un placement très attrayant»

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Robin Hardin, Chief Executive Officer (CEO) de Bloomage.

Robin Hardin, Chief Executive Officer (CEO) de Bloomage. 

Lancé récemment, Bloomage, fonds d’investissement immobilier du groupe IBL, entend bien exploiter le potentiel de ce secteur à Maurice. Son CEO, Robin Hardin, nous en dit plus sur sa stratégie et ses projets. 

Qu’est-ce qui a motivé la création de Bloomage en tant que fonds d’investissement immobilier ?  

La création de Bloomage émane de la volonté d’IBL Ltd de professionnaliser la gestion de son portefeuille immobilier afin d’en accroître le rendement et de le faire grandir dans le temps. Cela faisait partie de la vision du groupe au moment de sa fusion en juillet 2016. Notre équipe gère actuellement un portefeuille de biens immobiliers commerciaux, industriels et de bureaux de qualité évalués à Rs 3,5 milliards. Ceux-ci sont situés à des emplacements stratégiques. 

Notre expertise se décline sous quatre axes : l’investissement immobilier, la gestion d’actifs immobiliers pour en préserver et faire croître la valeur, la gestion des installations et la gestion immobilière pour en assurer l’administration. Soutenus par la solidité financière et les ressources d’IBL Ltd, nous avons pour mission de piloter la stratégie de consolidation, de croissance et de diversification du portefeuille actuel.  

Cette stratégie se matérialise déjà par l’acquisition récente de La Palmeraie Boutique Hotel. Nous continuons également d’analyser et d’évaluer les possibilités existantes qui cadrent avec nos ambitions. 

Au niveau de ce secteur, Maurice est surtout connu pour son immobilier de luxe avec les projets Integrated Resort Scheme, Real Estate Scheme et Property Development Scheme, qui capturent en moyenne 50 des investissements étrangers chaque année. Est-ce à dire que le segment de l’immobilier commercial est sous-exploité ?  

L’immobilier, qu’il soit commercial ou résidentiel, est un placement très attrayant et Maurice compte parmi les pays africains ayant le plus fort potentiel en matière de développement foncier. Depuis le lancement en 2002 de l’Integrated Resort Scheme, premier programme immobilier ouvert aux étrangers, quelque 2 500 unités ont été vendues avec des revenus moyens annuels d’environ Rs 5,6 milliards. Cela ne peut qu’être bénéfique pour le pays, mais aussi pour l’immobilier commercial.  

C’est toutefois inexact de dire que l’immobilier commercial est sous-exploité. Le pays compte actuellement un parc immobilier commercial de quelque 1,7 million de mètres carrés et quelque 300 000 mètres carrés supplémentaires devraient s’y ajouter dans les prochaines années. Ces chiffres démontrent la place importante que tient ce marché dans l’économie mauricienne.  

Les biens immobiliers destinés à une activité professionnelle, que ce soit des bureaux, des entrepôts, des usines, des centres commerciaux ou encore des boutiques, restent très prisés. Avec les développements en cours dans le pays, je suis confiant d’un avenir prometteur pour le secteur. 

L’immobilier est souvent qualifié d’investissement «non productif» à l’opposé du secteur manufacturier ou des services (notamment le tourisme) qui génèrent de l’emploi. Qu’en pensez-vous ?  

L’immobilier demeure la plus importante source d’investissements directs étrangers pour le pays, avec un apport de quelque Rs 8,7 milliards en 2017. Le secteur a connu une croissance de 3,9 % l’année dernière et contribue, avec la construction, à 10,1 % du produit intérieur brut. C’est aussi un gros pourvoyeur d’emploi, notamment dans la construction, qui compte pour un peu plus de 10 % de la population active.  

Notre secteur demeure un des placements les plus rentables à Maurice et a toujours été un catalyseur de développement. Le plan Vision 2030 du gouvernement prévoit d’ailleurs la création de 15 000 nouveaux emplois dans le secteur de la construction et du développement immobilier, qu’il identifie comme l’un des secteurs à fort potentiel de croissance avec l’économie océanique et numérique, les énergies renouvelables et les sciences de la vie.  

Par effet d’entraînement, l’essor de ces autres secteurs aura également un impact positif sur l’immobilier commercial. Les acheteurs étrangers de biens résidentiels à Maurice sont des particuliers qui peuvent éventuellement mettre sur pied une activité commerciale dans le pays. Et si tel est le cas, ils auront nécessairement des besoins en immobilier de bureaux ou autres et de qualité, ce que nous pouvons offrir chez Bloomage.  

Quand l’immobilier va bien, l’économie va bien. C’est une ressource essentielle à toute activité économique, quel que soit le secteur d’activité. 

Outre le rachat de «La Palmeraie Boutique Hotel», quels autres projets avez-vous ?  

Nous comptons également lancer bientôt le projet de redéveloppement du Riverside Mall, à Rivière-du-Rempart. À sa réouverture, le centre commercial accueillera un plus grand nombre de locataires, avec une composition plus variée. Tous ces efforts visent à en accroître le potentiel et à proposer une offre encore plus en adéquation avec les attentes des utilisateurs du centre.  

D’autres possibilités sont à l’étude et nous comptons en parler en temps voulu. L’objectif étant de doubler la valeur du portefeuille sous gestion d’ici cinq ans. 

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