Débats budgétaires: un exercice de com, estime Duval

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 Xavier-Luc Duval a repris un de ses chevaux de bataille, le prix des carburants, ce lundi 18 juin, à l’Assemblée nationale.

 Xavier-Luc Duval a repris un de ses chevaux de bataille, le prix des carburants, ce lundi 18 juin, à l’Assemblée nationale.

«Ce Budget n’est pas un exposé économique mais un exercice de communication.» Pour le leader de l’opposition, les sept secteurs déterminés dans le Budget de Pravind Jugnauth sont autant de ''paths to nowhere''.

Il intervenait, ce lundi 18 juin au Parlement, dans le cadre des débats budgétaire 2018-2019. Le but de l’exercice du ministre des Finances est d’obtenir un «vow effect», estime Xavier-Luc Duval, offrant des mesures qui n’ont pas été correctement planifiées, mettant de côté les décisions économiques urgentes qui doivent être prises. “The good the bad and the ugly”, tel est le titre du film qu’il a joué devant les autres députés pour faire valoir ses points.

«C’est clairement son dernier Budget, les élections sont derrière la porte.» Les décisions difficiles ont été reportées, en ignorant les nuages qui s’amoncellent sur l’économie, comme les problèmes de l’industrie sucrière ou le vieillissement de la population. «Les cadeaux offerts montrent aussi une absence de considération des effets à long terme.» Xavier Duval a repris son expression «half-baked projects», des projets annoncés dans le passé mais non concrétisés.

«La seule mesure économique est de vendre notre pays aux étrangers», s’agace le leader de l’opposition.

Rendre public le contrat avec Mangalore

C’est un Budget trompe d’œil, s’insurge Xavier Duval, qui a articulé son discours en sept points :
- Le déclin de la performance économique : les fondamentaux économiques auraient empiré depuis 2014. L’inflation est passée de 3,2 % en 2014 à 5 % en 2018. La dette publique de 60,7 % du Produit intérieur brut en 2014 à 62,9 % en 2018, les investissements privés également en baisse de 14,4 % en 2014 à 12,6 % en 2018, etc.

- L’incapacité à résoudre les problèmes des secteurs économiques vitaux : sucre, pêche, où 5 000 emplois sont menacés, textile et même tourisme, dont la croissance a décliné comparé aux autres pays de la région.

- Des incitations fiscales mal avisées, notamment pour les promoteurs qui veulent développer en Afrique.

- Une opacité et un secret excessifs sur des gros dossiers publics qui mettent en danger notre démocratie : que ce soit sur Agalega, les termes et conditions de la ligne de crédit indienne, le projet Safe City, le métro, le contrat avec la raffinerie de Mangalore (au sujet duquel Xavier Dual a déposé l’accord avec le gouvernement et la compagnie indienne), les filiales du CEB… le gouvernement ne communique pas du tout sur de nombreux sujets et contrats cruciaux pour le pays et qui coûtent cher au contribuable.

Vente de la nationalité

- Des mesures dangereuses : telles que permettre aux navires étrangers de pêcher près de notre littoral ; construire des ghettos, le prix des carburants.
Là encore, Xavier Duval est revenu sur le contrat avec Mangalore. Il a déposé l’accord avec le gouvernement et la compagnie indienne, et s’est interrogé sur le véritable coût d’achat de ces produits. Il a fait un lien entre ce contrat et le coût excessif des produits pétroliers à Maurice.

Il ‘est également appesanti sur la vente du passeport et de la nationalité mauricienne, qui risque d’encourager la spéculation foncière et s’est interrogé sur le contrôle de ces étrangers.

- Les mesures «demi-cuites» : l’emploi des jeunes, le trafic routier, les aides aux Petites et moyennes entreprises. Quant à l’intelligence artificielle, il a ironisé sur le fait que le pays n’arrivait même pas à numériser les services publics.

- L’échec à améliorer les services publics vitaux : la police est sous-équipée, il y a des négligences médicales et une détérioration des équipements de santé, l’enseignement supérieur est en déclin constant, le sport est malade. Visiblement, ce n’est pas le seul secteur aux yeux du leader de l’opposition...
 

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Il a conclu son grand oral. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui a enfilé son manteau de ministre des Finances, a-t-il pu répondre aux attentes de la population et des acteurs économiques avec le Budget 2018-18 ? Eléments de réponse.

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