Le CEO d’Omnicane: «L’Inde a accordé Rs 40Mds pour sauver son industrie sucrière»

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Jacques d’Unienville, CEO d’Omnicane, lors de la prière annuelle au kovil Amma Tookay, ce dimanche 17 juin.

Jacques d’Unienville, CEO d’Omnicane, lors de la prière annuelle au kovil Amma Tookay, ce dimanche 17 juin.

C’est à un véritable plaidoyer que s’est livré le Chief Executive Officer (CEO) d’Omnicane, Jacques d’Univenville. À l’issue de la prière annuelle au kovil Amma Tookay, ce dimanche 17 juin, il a insisté sur la nécessité de sauver l’industrie sucrière.

Pour Jacques d’Unienville, il n’est pas question de rester les bras croisés et laisser l’industrie sucrière mourir. De citer l’exemple de l’Inde, où il y a une surproduction. «Le gouvernement indien a annoncé un package de Rs 40 milliards à l’intention de l’industrie sucrière.» (NdlR, à titre de comparaison, le Joint Technical Committee sur la réforme de l’industrie sucrière propose des aides de Rs 1,3 milliard). «Le gouvernement a déclaré qu’il va aider les sucriers à acheter ce sucre et empêcher les usines de vendre pour moins de Rs 15 000», fait-il valoir.

Outre l’Inde, le CEO d’Omnicane évoque la Tanzanie et le Kenya. «Selon un rapport, le coût de production est de 700 dollars en Tanzanie. Et un peu plus élevé au Kenya. Eski ou trouv sa bann pei-la pé aret fer disik akoz pri pa bon?»

Dans la foulée, Jacques d’Unienville fait trois propositions. Tout d’abord, une meilleure rémunération pour la bagasse. De rappeler que si les Independent Power Producers (IPP) ne produisaient pas de l’électricité à partir de la bagasse, «nous aurions dû importer 200 000 tonnes de charbon ou 80 000 tonnes de heavy crude oil. Cela aurait coûté au pays entre Rs 700 millions et Rs 1,5 milliard.» De plus, dit-il, «la production d’électricité à partir de la bagasse coûte bien moins cher qu’en utilisant le charbon.» Pourtant, la rémunération «bien tigit».

Au dire de Jacques d’Unienville, «nous devons assurer la survie de l’industrie. Nous devons protéger la production d’énergie renouvelable à travers la bagasse». D’ailleurs, insiste-t-il, «sa mézir-la kapav fer enn gran diférans. De Rs 2 000 jusqu’à Rs 3 000 sur la tonne de sucre».

Autre mesure possible : protéger le marché local. «40 tonnes de sucre sont consommées à Maurice. Et ce n’est pas normal que du sucre, dans le cadre d’un dumping sur le marché mondial, se retrouve sur le marché local». Une taxe sur le prix du sucre importé encouragerait les Mauriciens à consommer du sucre produit localement, dit-il. «Cette mesure pourrait permettre aux planteurs d’obtenir entre Rs 600 et Rs 800 de plus sur le sucre.»

Jacques d’Unienville propose aussi de diversifier nos marchés d’exportation. Il concède que «c’est compliqué». Mais, poursuit-il, «le gouvernement négocie actuellement avec l’Inde et la Chine, des marches protégés, pour vendre notre sucre».

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