Investissement: quand la citoyenneté Maurice est à vendre…

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Si un étranger est disposé à verser $ 1 million (Rs 34,9 millions) il obtiendra le titre de citoyen de la République de Maurice.

Si un étranger est disposé à verser $ 1 million (Rs 34,9 millions) il obtiendra le titre de citoyen de la République de Maurice.

Fini le temps où la présence à Maurice d’un opérateur étranger devait obligatoirement être associée à la mise en place d’un projet d’investissement dans le circuit des activités économiques classiques. Depuis jeudi, Maurice fait partie des pays où la vente de sa citoyenneté et de son passeport est devenue une activité économique à part entière.

Si un étranger est disposé à verser pour lui-même $ 1 million (Rs 34,9 millions) dans un fonds souverain et $ 100 000 (Rs 3,5 millions) pour chaque autre membre de sa famille, le titre de citoyen de la République de Maurice est dans sa poche. Pour acheter un passeport mauricien, il lui suffit de verser à ce fonds souverain $ 500 000 (Rs 17,5 millions) pour lui et $ 50 000 (Rs 1,75 million) pour chaque membre de sa famille. Dans les deux cas, il doit satisfaire les critères d’éligibilité.

Cette initiative fait partie des mesures arrêtées par l’État d’ouvrir ses frontières à des étrangers de grande fortune. L’autre objectif consiste à disposer d’un fonds d’où il peut prélever l’argent nécessaire pour financer des projets de développement et pour assurer le service de ses dettes. Celles-ci, dans le cadre du Budget 2018-2019, s’établiraient à 63,1 % de la valeur du produit intérieur brut (PIB) à la fin de juin 2019, soit quelque Rs 245 441 par tête d’habitant. La valeur du PIB à la fin de juin 2019 est estimée à Rs 491,9 milliards.

Fonds de l’Angola

Du coup, l’État innove. Il fera partie des pays présents sur le marché financier par le biais de fonds d’investissement ou de placement, communément appelé fonds souverain (sovereign fund). Ce sont des instruments financiers dont un État se sert pour gérer et faire fructifier l’épargne nationale, comme le plan de pension.

Les fonds souverains sont présents dans le Global Business mauricien. Le plus connu est le Fundo Soberano de Angola. La Financial Intelligence Unit a démarré une enquête pour vérifier si oui ou non il y a eu détournement des actifs du Fonds souverain angolais et ce à des fins personnelles. Les actifs de ce fonds sont restés bloqués sur ordre de la cour en attendant la fin de l’enquête.

Tout en se disant favorable à l’initiative du gouvernement, Assad Abdullatiff, président du conseil d’administration de l’Association of Trust & Management Cies, estime que ce placement serait plus utile s’il était injecté dans le circuit des investissements conventionnels destinés à des étrangers. Une telle option, ajoute-t-il, contribuerait à la création d’emplois et à la production des valeurs ajoutées.

Pour l’économiste Eric Ng, la démarche du gouvernement équivaut à une braderie du patrimoine mauricien. «C’est un aveu de faiblesse. Une faiblesse à trouver des arguments solides pour promouvoir les véritables atouts de Maurice comme pays destinataire d’investissements étrangers. Le gouvernement aurait mieux fait d’oeuvrer à la réduction de la dette publique qui passera de 63,4 % fin juin 2018 à 63,1 % seulement en juin 2019.»

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