Dhanesh Maraye: «Les jeunes ont plus à perdre qu’à gagner en politique aujourd’hui»

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Dhanesh Maraye, candidat battu à la partielle au n°18, en décembre dernier, a claqué la porte du PMSD.

  Dhanesh Maraye, candidat battu à la partielle au n°18, en décembre dernier, a claqué la porte du PMSD.  

Vous quittez le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) ou la politique ?

Je quitte le PMSD et la politique pour me consacrer à ma carrière professionnelle. Je l’ai complètement délaissée pendant six mois, l’année dernière. Travailler dans le secteur financier et faire de la politique active ne sont pas compatibles.

Je dois rappeler que je pars du PMSD sans ennemi. Cette décision est avant tout pratique, comprise par le leader et le parti. C’est donc un départ sans animosité.

Regrettez-vous d’avoir été candidat à la partielle de décembre au n°18 ou d’avoir été le candidat du PMSD?

Sans ambiguïté: ni l’un ni l’autre. Ce fut une expérience extraordinaire et unique qui ne peut se faire lors d’une élection générale.

Quand Xavier (NdlR, Duval, leader du PMSD) m’a contacté l’année dernière pour être candidat, la politique active n’était pas du tout dans mes projets. J’étais d’abord très fier qu’il m’ait choisi mais aussi reconnaissant. Découvrir un parti politique, suivre un apprentissage accéléré pour une campagne électorale sur le terrain et auprès des médias, tout cela a été une expérience inoubliable.

Quelles leçons avez-vous tirées de votre implication?

Il devient de plus en plus évident que notre système politique est dépassé. Il ne répond pas aux exigences de la société mauricienne d’aujourd’hui. Cela se reflète dans la lenteur de l’évolution des institutions du pays et de la résolution des problèmes de notre société.

À Quatre-Bornes, par exemple, la municipalité, les ministères et autres organismes n’arrivent pas à travailler ensemble pour trouver les solutions à des problèmes immédiats, comme les embouteillages, le logement, le trafic de drogue, l’accès aux services de santé de proximité, pour n’en mentionner que quelques-uns. Il y a d’autres défis nationaux comme l’emploi pour les jeunes, la qualité de vie de nos aînés et, surtout, l’unité nationale, que le système actuel ne maîtrise plus.

Étiez-vous satisfait de la performance du PMSD en tant que parti de l’opposition?

Je pense que l’opposition actuelle est percutante. Elle pourrait l’être davantage si elle était unie.

Vous dites que vous étiez mal à l’aise à la suite des propos de Mahmad Khodabaccus sur Maya Hanoomanjee. Celui-ci vient de réagir en disant que vous sortez de votre sommeil. Pourquoi n’avoir rien dit à l’époque?

En pleine campagne électorale, on ne peut pas démotiver les troupes. Mon observation n’est pas une attaque personnelle contre Mahmad, mais plutôt une réflexion sur les causes de la défaite. Après la fameuse phrase (NdlR: «Nou pou défons twa», à l’intention de la Speaker, lors d’un congrès, le 31 octobre), notre campagne a perdu toute sa vitesse.

Les partis traditionnels dominent toujours l’échiquier politique. Pourquoi la relève n’arrive-t-elle pas?

Comme je l’ai dit plus haut, il faut revoir le système : la constitution des partis, le financement politique, les nominations politiques dans les institutions de l’État. Mais aussi comprendre que les jeunes, honnêtement, ont plus à perdre qu’à gagner en politique aujourd’hui.

La classe politique n’est plus respectée. La perception de corruption brise la relation de confiance entre la population et les gouvernants.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer en politique?

Il faut être sur le terrain pour comprendre les enjeux. Surtout, résister aux gains politiques faciles via la division communale. Comprendre que tout changement de société ne se fait pas sur les réseaux sociaux uniquement. Critiquer, c’est bien, proposer des changements, c’est mieux. Mais il faut avant tout s’engager activement dans la société. C’est essentiel pour le progrès.

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