Infrastructures: les projets routiers au point mort par manque de bitume

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À Helvétia, les automobilistes n’ont pas le choix que d’utiliser une route non asphaltée. © DEV RAMKHELAWON

  À Helvétia, les automobilistes n’ont pas le choix que d’utiliser une route non asphaltée. © DEV RAMKHELAWON  

Trop de chantiers ouverts simultanément depuis quelques mois. Les constructeurs sont unanimes sur ce point. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre. Il y a un manque de bitume sur le marché depuis environ trois semaines, retardant, du coup, plusieurs projets routiers, dont l'asphaltage et le réasphaltage.

Si les compagnies affectées ne veulent pas en parler ouvertement pour des raisons commerciales, c’est Transinvest qui serait la plus affectée, selon nos recoupements. Il nous revient que cette société travaille sur une vingtaine de chantiers et a besoin de grandes quantités de bitume, un sous-produit du pétrole. Interrogé, un porte-parole de Transinvest confirme le manque de bitume sur le marché.

Du côté d’une autre compagnie de construction, un cadre explique que le volumede travail depuis le début de l’année est très important. «Beaucoup de chantiers ont été ouverts durant les mois de février et mars. C’est la raison de cette pénurie de bitume», dit-il. De citer la troisième voie entre Mer-Rouge et Jumbo, la réfection d’une partie de l’autoroute ainsi que d’autres projets d’asphaltage à travers le pays.

Actuellement, une quinzaine de chantiers sur lesquels travaille la compagnie sont pénalisés. Le cadre se veut toutefois optimiste. Cette situation, insiste-t-il, ne devrait pas durer longtemps. Il affirme, en effet, qu’un retour à la normale est attendu d’ici à une semaine.

Et qu’en pensent le ministère des Infrastructures publiques et la Road Development Authority ? On refuse de se prononcer sur le manque de bitume, renvoyant la balle aux entrepreneurs. L’on concède néanmoins que plusieurs chantiers ont été ouverts depuis le début de l’année.

Dans la foulée, on fait valoir que dans les années à venir, les constructeurs pourront utiliser le bitume recyclé. Projet qui est d’ailleurs testé sur une base pilote. Les essais, indique un porte-parole du ministère des Infrastructures publiques, sont entrepris par une compagnie sud-africaine.

DIfférents bitumes

Actuellement, la majorité des compagnies de construction importe le bitume d’Afrique du Sud, des pays du Moyen-Orient, de Dubaï, de l’Arabie saoudite et des pays européens. Il existe plusieurs «grades» de bitume. «Le grade 60 est utilisé dans des pays relativement froids, avance le cadre d’une compagnie de construction. Ensuite, il y a les grades 20 et 30 pour des pays où il fait chaud.» Dans les pays tropicaux, tel Maurice, les grades 40 et 50 sont utilisés, souligne notre interlocuteur. Le coût du bitume varie selon la demande au niveau international et le prix du baril du pétrole.

117 Km de routes au coût de rs 655 M

Cinquante-quatre pour cent des projets ont été réalisés à ce jour. Le ministère des Infrastructures publiques et du transport en commun planche actuellement sur 117 kilomètres de routes, au coût de Rs 655 millions. Les plus gros travaux sont concentrés dans le district des Plaines-Wilhems.

Les projets identifiés en 2018 :

Plaines-Wilhems

Coût approximatif : Rs 111 millions

Longueur approximative : 25 km

Pamplemousses

Coût : Rs 43 millions

Longueur : 18 km

Moka

Coût : Rs 87 millions

Longueur : 13 km

Flacq

Coût : Rs 93 millions

Longueur : 17 km

Rivière-du-Rempart

Coût : Rs 77 millions

Longueur : 14 km

Grand-Port

Coût : Rs 60 millions

Longueur : 8 km

Savanne

Coût : Rs 78 millions

Longueur : 10 km

Rivière-Noire

Coût : Rs 60 millions

Longueur : 8 km

Port-Louis

Coût : Rs 46 millions

Longueur : 4 km

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