Varounen Goinden: «La compétitivité ne se limite pas aux avantages fiscaux»

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Quelles sont vos attentes par rapport au Global Business ? 

 Le secteur du Global Business est à la croisée des chemins. Le succès de Maurice comme un centre financier international, doit-on le répéter, est principale- ment lié à l’existence d’une fiscalité légère et d’une multitude de conventions de double imposition fiscale. Aujourd’hui, nous nous trouvons dans un «paradigm shift» par rapport à notre juridiction, où sa compétitivité se limitant aux avantages fiscaux est révolue. 

Du coup, ce qu’on demande au gouvernement, c’est des initiatives courageuses et réalistes pour transformer notre centre financier en une plateforme de services financiers à forte valeur ajoutée. Qui, au final, ne dépendrait pas que des avantages fiscaux. D’ailleurs, nous avons les atouts pour le faire, soit des ressources humaines qualifiées, l’infrastructure nécessaire, un système bancaire et juridique largement développé et la réputation d’un centre crédible. 

Il ne manque que le Blueprint sur le secteur ? 

 Absolument. Car nous comprenons que le Blueprint est déjà prêt et nous nous attendons à ce que ses recommandations soient mises en place dans le sillage de l’application de prochaines me- sures budgétaires. Aussi, vu les défis se profilant à l’horizon à l’échelle mondiale, nous accueillons positivement les réformes liées au cadre juridique régissant les opérations du Global Business, notamment les GBL2. 

Avec les «taxing rights» transférés entièrement aux autorités fiscales indiennes en avril 2019, estimez-vous que Maurice restera toujours une juridiction compétitive pour attirer des investissements vers la Grande péninsule ? 

 Il ne fait pas de doute que le succès de Maurice comme un conduit pour des investissements en Inde était lié à l’exemption fiscale sur les plus-values. Avec les amendements au traité, Maurice a perdu son attrait auprès des investisseurs étrangers. Une situation qui aura des effets négatifs sur le Global Business. Il faut savoir que parallèlement, l’Inde a renégocié son traité avec Singapour, notre principal compétiteur dans ce secteur, ce qui nous met dans une situation équitable sur ce marché. 

À mon avis, ce qui peut nous démarquer, et créer de nouvelles opportunités pour le pays, est la clause portant sur l’impôt sur les intérêts provenant des instru.ments de la dette. 

Le nouveau modèle privilégiant l’axe Inde-Afrique, en passant par Maurice, est-il potentiellement réalisable ? 

 Il faut savoir que dans le passé, nous avons vu un nombre important d’acteurs internationaux utilisant Maurice comme leur base pour structurer et promouvoir des produits financiers. Toutefois, nous pensons que le développement d’un marché de la dette en Afrique est une stratégie à long terme, qui nécessitera du temps pour se développer et pour Maurice de se positionner comme un centre incontournable pour ce créneau. 

 Cela dit, nous avons certainement des avantages inhérents sur lesquels le pays doit capitaliser pour développer ce marché et ce contrairement à nos voisins africains. Je pense surtout à notre système légal hybride, qui protège les intérêts des prêteurs, l’existence d’un système bancaire commercialisant toutes les principales devises, d’un flux de capitaux incessant et d’un système juridique développé. Autant d’avantages qui sont venus créer un écosystème financier, confortant les promoteurs à structurer leurs dettes à travers Maurice. 

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