Escroquerie: une douzaine de Mauriciennes déjà piégées

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Elles croyaient avoir trouvé l’amour... Mais hélas, ces femmes, à qui des Roumains avaient promis bijoux, argent, voire une belle histoire d’amour, sont toutes tombées dans le panneau. Elles ont déboursé des sommes astronomiques pour payer les frais pour la livraison d’un colis contenant des bijoux et 50 000 euros (environ Rs 2 millions), qui devaient servir pour la réservation d’hôtel, sachant que leur correspondant comptait s’installer à Maurice. Mais le colis n’est jamais arrivé à destination.

Selon des informations obtenues dans le milieu bancaire local, ces hackers seraient des Roumains vivant dans un faubourg où l’accès des autorités est difficile. Ils opèrent au niveau international. Ils utilisent de fausses identités et des documents falsifiés pour escroquer des personnes. Leurs proies: des femmes séparées, divorcées, veuves âgées entre 30 et 50 ans. Parmi elles, plusieurs femmes vivant dans la région de l’océan Indien, dont une douzaine à Maurice, selon la police. Mais jusqu’ici, seulement trois Mauriciennes ont décidé de dénoncer ce réseau d’escrocs. Interpol a été alerté.

Cette  affaire  remonte  à  la mi-février. Une enquête a été ouverte après que Heena (prénom fictif), une femme de 40 ans, habitant Plaine-Verte, a porté plainte à la Criminal Investigation Division (CID) de la Metropolitan Policede la division Nord contre un certain Kelly Brown, qui serait un soi-disant ressortissant américain. Ce dernier, a-t-elle relaté aux hommes du surintendant de police Shyam Bansoodep et de l’assistant surintendant de police Kailash Dussoye de la CID, lui a soutiré, en plusieurs occasions, une somme de Rs 200 000 via Facebook.

Réseau d’escrocs

Après plusieurs échanges sur le réseau social, l’étranger lui aurait dit qu’il allait lui faire parvenir un colis contenant des bijoux et une somme de 50 000 euros. L’argent, soutient Heena, devait servir pour la réservation d’hôtel car son correspondant comptait s’installer à Maurice. Après une autre conversation, l’homme lui aurait dit qu’un agent allait venir déposer le colis à son domicile.

Et le 22 janvier, Heena aurait reçu un appel d’un homme qui parle anglais. Une conversation qu’elle n’a «pas trop comprise». Plus tard, elle avance avoir reçu un message l’invitant à faire un dépôt de Rs 17 000 sur le compte d’une Mauricienne, pour payer les frais de la livraison du colis. Le 23 janvier, Heena effectue le dépôt bancaire. En trois autres occasions, soit le 24 janvier, le 29 janvier et le 6 février, elle a fait trois dépôts de Rs 45 000, Rs 6 300 et Rs 75 000 respectivement. Heena devait malheureusement comprendre plus tard qu’elle a été arnaquée lorsqu’on lui réclame une somme additionnelle de Rs 105 000 pour les frais d’assurance.

Bien après, sur Facebook, elle réussit à retracer la Mauricienne sur le compte de laquelle elle avait effectué le dépôt. Cette dernière, soupçonnée de faire partie de ce réseau d’escrocs, a été arrêtée peu après. Elle a affirmé aux enquêteurs qu’elle n’est pas impliquée dans cette affaire. Après avoir passé deux semaines en cellule, elle a été libérée sous caution en mars. Les enquêteurs de la CID ont conclu par la suite que la femme était elle aussi une victime. On l’aurait utilisée pour transférer de l’argent à Dubaï. À son tour, elle a raconté avoir été victime d’une autre femme commanditée par un ressortissant étranger avec qui elle a communiqué sur WhatsApp et Facebook.

Heena a aussi  confié  aux  enquêteurs avoir fait un dépôt de Rs 75 000 sur le compte bancaire de la troisième femme, dans une autre banque, à la demande de Kelly Brown. La troisième femme, elle aussi victime, explique avoir lié amitié avec un ressortissant étranger, dont le mode opératoire est le même que celui utilisé avec Heena. Elle explique avoir déjà envoyé une certaine somme, mais elle n’a pu continuer lorsqu’elle a été sollicitée pour un versement de 2 000 dollars américains (environ Rs 70 000). C’est ainsi qu’elle est devenue intermédiaire et faire créditer l’argent d’Heena sur son compte à elle avant de le transférer à l’étranger.

La  police  invite  d’autres personnes, victimes de ce réseau, à se manifester.

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