Suresh Rathacharen après la politique: du sport et de la poésie

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L’ancien parlementaire Suresh Rathacharen soigne sa forme physique en se rendant quotidiennement au gymnase. Il prend plaisir à relire les grandes oeuvres littéraires et reste à l’écoute de l’actualité.

«IL faut prendre soin de notre corps, c’est le véhicule qui nous permettra de traverser l’océan qu’est la vie.» C’est avec ces propos teintés de lyrisme que l’ancien député Suresh Rathacharen justifie le régime d’athlète qu’il s’impose depuis des années.

Ainsi, chaque matin à partir de 6 heures, le retraité de 75 ans se rend au gymnase à Rose- Hill. Il y passe deux heures, s’activant successivement sur le vélo stationnaire et le treadmill. «Les exercices au gym constituent une de mes prières quotidiennes», confie l’ancien parlementaire qui a gardé la forme physique d’un quadra.

L’habitant de Quatre-Bornes passe le reste de la journée avec ses bouquins. Il dévore des ouvrages traitant de thèmes différents : le développement personnel, l’histoire, la politique, mais surtout de la poésie. Sur la table traînent des recueils de poèmes. Le romantisme est très présent : Wordsworth côtoie Coleridge, Keats et Byron. Et parmi les livres, étalés sur la table, on trouve un ouvrage dédicacé du poète mauricien Raymond Chasles.Quand on lui fait remarquer qu’il consacre beaucoup de temps à la littérature, Suresh Rathacharen cite de mémoire Alphonse de Lamartine : «Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours…» Flash-back. Le septuagénaire se souvient de son Port-Louis natal. «La maison familiale est toujours à Vallée-Pitot.» C’est dans la capitale qu’il goûte aux activités littéraires et théâtrales. Ses compagnons sont, entre autres, Isshack Hasgarally et Cassam Uteem. Il se rappelle les cours de diction assurés par Yves Forget. L’ancien député regrette que le système scolaire, aujourd’hui, n’encourage pas l’enrichissement culturel de nos jeunes. «Quand on n’enseigne pas l’histoire et la littérature à tous les jeunes, on obtiendra plus tard des adultes incultes et intolérants.»

Vice-président du MMM

Suresh Rathacharen n’est pas insensible à la situation difficile de l’industrie sucrière. Il a été pendant trois ans le président du conseil d’administration de l’établissement sucrier de Rose-Belle. L’ancien administrateur est d’avis que l’industrie n’a pas su se réinventer pour vivre l’après Protocole sucre. «Avait-on su se concentrer sur la production des sucres spéciaux, la situation aurait été tout autre.»

Avec son beau-frère, Ramduth Jaddoo, il rejoint le MMM en 1970. Actif auprès du syndicat des travailleurs agricoles, l’homme arpente les plantations de thé aux côtés de feu Lutchmeeparsad Ramsahok. En 1971, Rathacharen connaît la détention politique pendant quelques semaines. Libéré, il deviendra viceprésident du MMM.

Aux élections générales de 1976, le militant de la première heure est aligné à Curepipe- Midlands aux côtés de Jacques de Commarmond et d’Ismaël Nawoor. Mais les trois candidats du Parti mauricien social-démocrate triomphent. La défaite n’entame pas l’ardeur militante de Suresh Rathacharen. Il poursuit son engagement et devient le directeur du journal Le Militant.

À la cassure au MMM en 1983, Rathacharen se range aux côtés d’Anerood Jugnauth et, par la suite, exerce comme conseiller du Premier ministre. En 1987, il se porte candidat dans la circonscription no8 (Moka-Quartier Militaire). Élu, il est nommé Parliamentary Private Secretary (PPS).

À la fin de son mandat, le PPS abandonne la politique active et prend de l’emploi dans le secteur privé. Il revient dans le giron gouvernemental après les élections générales de septembre 2000. Il est nommé à la direction de Rose-Belle S.E.

Puis, c’est le retrait définitif de la vie publique.Il fait un écart en décembre 2017 et se met à la disposition de sa nièce, Nita Juddoo, candidate du MMM à l’élection partielle à Belle-Rose- Quatre-Bornes. L’ex-politicien s’engagera-t-il à nouveau ? «Non, maintenant c’est le temps de l’exercice, de la littérature, des enfants et des petits-enfants.»

Les trois filles de Suresh Rathacharen sont toutes mariées. L’une, Tanuja, vit à Maurice et les deux autres à l’étranger. Dya est auteure, à succès, de livres pour enfants, au Canada, et Karuna est médecin en Pennsylvanie. Suresh Rathacharen se fait un bonheur de les retrouver de temps à autre.

Son parcours

Fin des années 60 – Ouvre son collège à Piton

1970 – Adhère au MMM

1976 – Candidat battu du MMM àCurepipe-Midlands

1977- Battu aux électionsmunicipales à Quatre-Bornes

1983-1987 – Conseiller du Premier ministre

1987 – Élu du MSM à Moka –Quartier-Militaire

1987-1991 – Parliamentary Private Secretary

2000-2003 – Président du conseild’administrationde Rose-Belle S.E.

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