Sabita Bhagwan: la terre, ses racines

Avec le soutien de
Sabita Bhagwan, 68 ans, attend patiemment les clients, un sourire bourgeonnant sur le visage.

Sabita Bhagwan, 68 ans, attend patiemment les clients, un sourire bourgeonnant sur le visage.

Elle est fraîche comme la rosée en ce vendredi matin. Plantée avec ses fleurs devant le Kovil, Sabita Bhagwan, 68 ans, attend patiemment les clients, un sourire bourgeonnant sur le visage. Parmi les glaïeuls et les zinnias, ses pensées vagabondent. Promenade dans son jardin secret.

La terre, elle la travaille depuis qu’elle est enfant. «Mo papa ousi ti planter, li ousi ti pé vann fler. Létan linn mor, mo frer inn pran la rélev. Lerla mwa…» Cela fait 13 ans qu’elle propose de petits bouquets, des légumes ou encore des bougies à ceux qui passent à côté de son petit stand de fortune.

 Drapé dans son sari orné de fleurs, elle remonte l’allée flamboyante qui mène vers les souvenirs, encore vivaces. La vie n’a pas toujours été rose, souvent parsemée d’épines. Ce qui l’a aidée à y faire face, ce sont ses racines. «Mo ti éna kat frer, enn sel resté zordi. Mo fami inn touzour dir mwa bizin trasé.» Ses journées démarrent dans les champs, à Crève-Coeur. Après la cueillette, elle embarque ses fleurs et ses brèdes, grimpe à bord de l’autobus, direction Port-Louis. Elle s’y rend les mardis et les vendredis, reste là de 6 h 30 du matin à 14 heures parfois. Les recettes sont-elles fructueuses ? «Kapav débrouyé.»

Éparpillés à ses côtés, ses sacs en jute. Les gueules de loup ont pris un petit coup de soleil, même si elles ont les «pieds» dans l’eau. Sabita les caresse avec amour, tendresse. C’est grâce à ses végétaux qu’elle parvient à mettre du beurre dans les épinards.

 Des enfants, elle en a deux. «Zot gran aster.» Son temps libre, elle le passe avec eux ou alors avec ses amis de son club de troisième âge. «Mo kontan al lamer.» Ce qu’elle aime bien aussi, c’est regarder la télé, pour elle, les «fim sizer edmi» sont loin d’être des navets.

Maintenant, dans la fleur de l’âge, à quoi aspire-t-elle ? À continuer à travailler, être parmi ses plantes et ceux qu’elle aime. La vie lui a fait une fleur, elle respire la santé. Et elle compte bien en profiter.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires