La fusion sous l’Economic Development Board freine la promotion de Maurice

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Un seul événement s’est déroulé à l’étranger pour promouvoir les produits du textile mauricien depuis 2017.

Un seul événement s’est déroulé à l’étranger pour promouvoir les produits du textile mauricien depuis 2017.

Maurice n’est pas assez visible à l’étranger. Ou pour les mauvaises raisons… Les opérateurs commencent à s’inquiéter. Depuis le début de l’année, les campagnes de promotion en faveur de la destination Maurice en tant que centre d’affaires se font au compte-gouttes.

En cause : la transition suivant la fusion du Board of Investment (BOI), d’Enterprise Mauritius et de la Financial Services Promotion Agency, trois agences dédiées à la promotion de la destination mauricienne auprès des investisseurs et des clients étrangers, sous l’ombrelle de l’Economic Development Board (EDB).

Plusieurs acteurs des secteurs textile/habillement et services financiers évoquent un grand vide depuis plusieurs mois. À un moment où ces deux secteurs font face à des difficultés. Un seul événement s’est déroulé à l’étranger pour promouvoir les produits du textile mauricien depuis début 2017 : en France, du 13 au 15 février 2018, où 12 représentants mauriciens ont présenté une collection.

La deuxième mission a été organisée en mars, celle-là pour vendre les avantages du port franc mauricien à La Réunion. L’EDB a également participé au Salon Stratégie Clients du 10 au 12 avril, à Paris. Un seul exercice de marketing pour les services financiers a été mené par le ministre Sudhir Sesungkur, dans les pays du Golfe.

Pour le secteur des produits de la mer, l’EDB a participé au Seafood Expo Global, du 24 au 26 avril, à Bruxelles. Dans le cadre de la stratégie africaine, le Board a aussi dépêché une délégation fin mai en Côte d’Ivoire pour les 7es Journées nationales promotionnelles des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat.

A peine six missions

En tout et pour tout, six exercices de promotion de la destination. À titre de comparaison, pour la période 2015-2016, à elle seule, Enterprise Mauritius avait organisé 60 «trade events», dont une cinquantaine d’initiatives personnelles.

 «La promotion ne se résume pas à participer aux foires internationales », explique un ancien président de l’organisme. «Il y a les salons, les enquêtes de marché mais aussi les inward buying missions (NdlR, une visite organisée pour hommes d’affaires étrangers dans des usines, où ils placent leurs commandes directement), qui jouent sur la visibilité et l’attractivité du pays.» Après la fusion, cette partie aurait été éclipsée.

Difficile, dans cette situation, d’entrevoir une reprise du secteur des exportations, qui a connu deux années de décroissance. «Les marchés traditionnels ne sont pas en bonne santé», note Lilawtee Rajmun, directrice de la Mauritius Export Association. Il faudrait, selon elle, une offensive pour stabiliser les marchés européen et américain et, en même temps, dénicher les nouvelles opportunités d’affaires. Lilawtee Rajmun est toutefois d’avis qu’il faut donner du temps à l’EDB pour mettre en place sa stratégie.

Au gouvernement, aussi, la situation commence à en préoccuper certains depuis la disparition de la Financial Services Promotion Agency, surtout dans le sillage des affaires Sobrinho et Bastos, qui ont fragilisé le secteur. L’agence responsable de la promotion des services financiers avait reçu un budget Rs 73 millions pour l’année financière 2017-2018.

Trop de casquettes pour l’EDB

Répondant à une question du député mauve Sudesh Rughoobur, à l’Assemblée nationale le 22 mai, le ministre des Services financiers devait pourtant expliquer qu’il y a eu une seule mission de prospection en 2017. Une initiative conjointe EDB-ministère des Services financiers. «La promotion de Maurice comme centre financier relève d’une question stratégique pour le gouvernement », explique Sudhir Sesungkur. Il revient, selon lui, à l’EDB de régler ce problème.

La nouvelle structure a été constituée en janvier 2018. Elle a la responsabilité d’assurer à la fois la promotion, le marketing, le développement mais aussi l’octroi de permis et la régulation. «C’est trop», estime le député Sudesh Rughoobur, qui compte revenir à la charge bientôt, au Parlement.

«Nous sommes toujours dans une période de transition», justifie pour sa part Ken Poonoosamy, deputy Chief Executive Officer de l’EDB. Celui qui a dirigé pendant des années le BOI assure qu’avec la fusion, il y a une meilleure cohérence au niveau de la promotion. D’ailleurs, une nouvelle stratégie est en préparation pour un meilleur branding de la destination pour la promotion et la facilitation du business et de l’investissement à Maurice.

En attendant, le monde des affaires, déjà inquiet de ce manque de visibilité, craint les répercussions de cette absence de promotion.

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