Brutalité policière: «Mo’nn gagn kout baton dan vant…» allègue une fille de 11 ans

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La grand-mère raconte que sa petite-fille jouait quand les policiers ont fait irruption à cité EDC, Camp-Diable.

  La grand-mère raconte que sa petite-fille jouait quand les policiers ont fait irruption à cité EDC, Camp-Diable.  

Une fille de 11 ans a porté plainte à la police de Rose-Belle, en présence de sa tante, lundi 4 juin. Elle allègue avoir reçu des coups de matraque au ventre lors d’une descente policière chez sa grand-mère, à cité EDC, Camp-Diable.

Les faits se sont produits dans l’après-midi. L’Anti-Robbery Squad a débarqué dans la localité à la recherche des auteurs de l’agression d’un policier, la veille (voir plus loin). Une opération musclée qui a tourné à la confrontation avec des habitants du quartier.

La grand-mère de la petite raconte que cette dernière et ses quatre autres petits-enfants en bas âge jouaient quand les policiers ont fait irruption. «Nous avions prévu de fêter l’anniversaire de mon petit-fils.»

Elle a accouru lorsqu’elle a entendu les enfants crier. Elle devait alors constater que des policiers avaient investi sa maison. «L’un d’eux ouvrait mon armoire, un autre avait empoigné mon époux.» Elle est intervenue pour les empêcher d’embarquer son mari. «J’ai tenté d’expliquer qu’il n’avait rien à voir avec l’agression du policier la veille. Une policière m’a tirée par le collet…»

Entre-temps, apeurés, les enfants se sont cachés sous la table. «Des policiers les ont tirés par le bras. Un policier a donné des coups de matraque à ma petite-fille de 11 ans. Elle a été blessée au ventre», poursuit la grand-mère, révoltée. D’autant plus qu’elle soutient que les officiers n’avaient pas de mandat de perquisition.

Étant donné que la fille se plaignait de douleurs au ventre, elle l’a emmenée à l’hôpital Jawaharlal Nehru dans la soirée. «Elle est traumatisée. Mes petits-enfants sont sous le choc.»

Du côté du Police Press Office, on explique que les officiers ont eu fort à faire dans le quartier. Et de souligner que la famille peut se tourner vers l’Independent Police Complaints Commission.

 
 

Arrestation musclée à Camp-Diable

L’Anti-Robbery Squad a eu fort à faire, dans l’après-midi du lundi 4 juin, à cité EDC, Camp-Diable. Les limiers y avaient fait une descente pour procéder à l’arrestation des auteurs de l’agression d’un policier, aux petites heures, le même jour. Après avoir été malmenés, ils ont finalement mis la main au collet de Jean Christophe Ramchurn, 25 ans, et Vimal Hemraz, 26 ans.

14 heures, lundi. Quatre policiers s’approchent de deux individus se trouvant au sein d’un groupe. Ils déclinent leur identité et montrent leur mandat. Après avoir informé les deux hommes de ce qui leur était reproché, les policiers leur demandent de les suivre.

C’est alors que la situation dégénère. «Pa pou al stasion ek péna okenn lanket pou doné», répliquent les deux individus. Les esprit s’échauffent et les policiers sont bientôt cernés par une foule hostile. Malgré les appels au calme des officiers, rien n’y fait. D’autant qu’un dénommé Mardemootoo Ramalingum prend un malin plaisir à inciter la foule…

Tandis que les deux individus en profitent pour s’enfuir, les officiers des forces de l’ordre sont obligés de battre en retraite. Mais Mardemootoo Ramalingum n’en a pas fini avec eux. Et armé d’un morceau de bois, il s’acharne contre le véhicule de police…

La police n’a toutefois pas dit son dernier mot. Et c’est accompagnée des limiers de la Criminal Investigation Division (CID) et de la Special Supporting Unit que l’Anti-Robbery Squad démarque à nouveau dans la localité. Une foule hostile les y attend de pied ferme. Cette fois-ci, toutefois, la police ne se laisse pas faire.

Dans la mêlée, Jean Christophe Ramchurn laisse tomber un couteau en tentant de s’enfuir. Il a été vite rattrapé par les limiers de la CID de Rivière-des-Anguilles. Il s’est justifié en disant qu’il se servait de ce couteau pour «couper des légumes». Il fait l’objet d’une accusation de «bearing offensive weapon».

Vimal Hemraz s’est, lui, acharné sur le véhicule de la police à l’aide d’un gourdin. En voyant les policiers, il a essayé de se débarrasser de s’en débarrasser en le jetant dans un champ de canne. Sauf qu’en ce faisant, il a glissé et s’est blessé. Il est accusé provisoirement de «bearing offensive Weapon» et «damaging Government property».

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