Il y a 36 ans: le MMM-PSM remporte la bataille des foules avant le premier 60-0

Avec le soutien de
Les dirigeants de l’Alliance MMM-PSM Anerood Jugnauth, Paul Berenger et Harish Boodhoo. Ils avaient appelé à la réconciliation nationale après le scrutin du 11 juin 1982. 

Les dirigeants de l’Alliance MMM-PSM Anerood Jugnauth, Paul Berenger et Harish Boodhoo. Ils avaient appelé à la réconciliation nationale après le scrutin du 11 juin 1982. 

Le 6 juin 1982, tous les partis politiques qui briguent les suffrages réunissent leurs partisans dans des meetings, à cinq jours des élections générales du 11 juin 1982. L’Alliance Mouvement Militant Mauricien-Parti Socialiste Mauricien (MMM-PSM) réunit ses partisans à la Place du Quai à Port-Louis. L’estrade est érigée à côté de la Poste centrale. Le Parti de l’Alliance Nationale (PAN) mené par le Parti Travailliste invite les siens à la Place de la gare à Quatre-Bornes et le Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) donne rendez-vous aux bleus à Rose-Hill. 

L’assistance aux différents meetings donne une indication de ce qui sera le résultat du scrutin prévu dans cinq jours. Selon des estimations faites par des observateurs indépendants cités par la presse, la foule au rassemblement du MMM-PSM tourne autour de 85 000 personnes, celle du PAN est de 4000 fidèles, alors que le PMSD parvient à réunir 15 000 partisans.

Les orateurs à ces rassemblements appréhendent les résultats de la consultation à venir. Les discours sont modulés en fonction de leur perception. Ainsi, à Port-Louis, les dirigeants de l’Alliance MMM-PSM, Anerood Jugnauth, Paul Bérenger et Harish Boodhoo, insistent sur la «nécessité d’une réconciliation nationale afin que la population puisse travailler au redressement économique de la nation.»

A Quatre-Bornes, sans doute, sentant la partie perdue, les dirigeants travaillistes appellent à «décapiter le MMM.» C’est James Burty David qui donne le ton. S’adressant à l’électorat de la circonscription No. 18 (Belle-Rose-Quatre-Bornes), il déclare : «vous avez un grand devoir à accomplir, c’est de couper la tête du MMM en ne donnant pas un seul vote à son secrétaire général, Paul Bérenger.» Sir Veerasamy Ringadoo, alors ministre des Finances, traite Anerood Jugnauth de «poupette dookia» et avance «nou bisin attaque secrétaire général MMM.»

De son côté, à la Place Margéot à Rose-Hill, Sir Gaëtan Duval promet aux partisans du PMSD qu’il «restera à Maurice pour organiser l’opposition à un éventuel gouvernement MMM-PSM.»

Ces discours et les foules aux meetings ont dû contribuer, durant les jours précédant le scrutin, à encourager des électeurs à rallier l’Alliance MMM-PSM pour donner au pays le premier 60-0 de l’histoire. 

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires