Arvin Boolell: «Ne faisons pas du ‘‘blame game’’ sur le secteur sucre»

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Le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a blâ- mé le gouvernement travailliste, sous lequel vous étiez pendant des années le ministre de l’Agriculture, de n’avoir pas fait de suivi sur la réforme de l’industrie sucrière. Qu’y répondrez-vous ?

La première réforme a débuté en 1996 et nous avons présenté le Blue Print en 1997, avec notamment la centralisation. Personne, depuis cette année-là, n’a rien touché à cette centralisation.

Avec ce Blue Print, le ratio de partage de sucre est passé à 78 % au lieu de 76 % aux planteurs. De plus, à une certaine période, les pe- tits planteurs ont obtenu un peu plus de Rs 3 000 sur la mélasse par tonne de sucre. Aujourd’hui, cela est descendu à environ Rs 2 100.

Mais quand Pravind Jugnauth était ministre de l’Agriculture en 2001, il avait apporté une profonde réforme avec en particulier plus de béné- fices au niveau des re- traites anticipées…

Oui, mais à partir de 2006, nous avons consolidé et même amélioré ces acquis. Aujourd’hui ils sont menacés.

Quand il y avait une réduction de 36 % sur le marché mondial, nous avions discuté avec le commissaire des pays Afrique, Caraïbes, Pacifique, Louis Michel, et nous avons offert aux petits planteurs des facilités, comme des advance payments. Il y a eu cet accord avec l’industrie sucrière qui a permis au gouvernement d’obtenir 2 500 arpents de terre. Je regrette que Pravind Jugnauth fasse de la politique sur un secteur qui passe par des difficultés. Ne faisons pas du blame game.

Que préconisez-vous pour ce secteur qui fait face à une crise ?

D’abord, je parlerai de l’Institut de recherches qui avait bénéficié de 9 millions d’euros quand le pays avait obtenu des bénéfices de 13 millions d’euros. Selon moi, cet institut ne doit pas faire partie de la Mauritius Cane Industry Au- thority. Il doit fonctionner indépendamment.

Il faut réhabiliter les terres. Il faut également revoir la politique du marché du sucre raffiné. Attention, dans ce rapport du Joint Technical Committee, les Corporate veulent trop de facilités. Je ne suis pas contre cette idée de les aider, mais pas comme ils le souhaitent. Pas au détriment des travailleurs et surtout pas avec une injection des Rs 1,3 milliard des contri- buables. Ils doivent consentir à faire des sacrifices eux aussi.

Dans un contexte pareil, nous aurions dû jouer la carte de la diplomatie. Avec d’autres pays, nous aurions pu, par exemple saisir l’Organisation mondiale du commerce sur le protectionnisme. Ou encore chercher des aides au niveau du Global Environment Fund.

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