Bruno Dubarry: «Il faut alléger le coût global de l’export»

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En 2015, le gouvernement disait vouloir augmenter la part du secteur manufacturier à 25 % du PIB, d’ici 2030. Trois ans plus tard, le secteur privé parle d’une situation de «désindustrialisation». Est-ce à dire que nous allons dans la mauvaise direction?

Le problème ne se trouve pas dans la direction. C’est dans les moyens mis à disposition pour réussir cet objectif qu’il y a des marges de progrès possible. Nous sommes reconnaissants de l’écoute accordée à l’industrie locale sur les 12 derniers mois et espérons voir se concrétiser la vision d’une industrie dis- posant de tous les leviers de compétitivité pour accom- plir sa transformation, à la fois sur son marché domestique et à l’export. Et sur le volet opérationnel, nul doute que les réformes institutionnelles, qui ont permis notamment à l’Economic Development Board de voir le jour, seront bénéfiques aux défis dont l’industrie mauricienne se saisit.

Le secteur souffre d’un manque d’investissement. Certains observateurs économiques sont même d’avis qu’il n’y a plus aucune logique pour un investisseur de venir s’implanter à Maurice. Qu’en pensez-vous ?

Pour attirer l’investisse- ment, il faut des mesures fiscales et réglementaires qui le favorisent. Comme cela l’a été pour les activités tournées vers l’export, un ensemble de mesures permettant d’ac- croître l’attractivité de l’industrie non+ exportatrice permettrait de relancer l’in- vestissement (les activités ayant bénéficié de la double détaxe sur l’investissement productif, ont connu une croissance de 9 % sur 2016-2017, après deux années de contraction).

Et il est d’autant plus important d’inciter l’investissement dans les activités industrielles qui, parspilling effect,ont un effet multiplicateur de 1,92 % sur le reste de l’économie. Le plus haut enregistré dans l’économie mauricienne.

Quel a été l’impact des mesures budgétaires annoncées l’année dernière pour le secteur ?

Comme dit précédemment, les mesures sur l’investissement productif ont été bénéfiques aux sous-secteurs industriels visés. Cela gagnerait à être étendu à l’ensemble de l’industrie. Les entreprises qui auront exporté des produits et générés des profits seront récompensées avec la corporate tax à 3 %.

La même observation peut être faite sur les mesures d’achat public qui permettent à un tissu économique local de monter en qualité, nouer des relations d’affaires durables et viser des marchés à l’étran- ger. Pour ce qui est des dépenses de R&D déductible d’impôt, le passage de l’Intellectual Property Bill cette année est une bonne nouvelle pour les entreprises nouvellement créées et engagées dans l’écono- mie de la connaissance et de l’innovation.

Quelles sont vos attentes pour le Budget ?

Trois volets pour accompagner la transformation de notre industrie locale et accélérer l’intégration avec les sous-secteurs exportateurs: rétablir un level playing field par le contrôle de qualité des produits locaux et importés mis sur le marché; favoriser l’investissement dans les équi- pements de production et la R&D, et alléger le coût global de l’export.

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