Privé de son père: un homme réclame Rs 5 M à l’Église

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Le prêtre avait reconnu que l’homme était son fils.

Le prêtre avait reconnu que l’homme était son fils.

«Depuis mon enfance, j’ai été traité de b…, ‘piti Monper’…» Un homme de 58 ans allègue que l’Église catholique aurait contraint son père, un prêtre, à ne pas le reconnaître. Faisant valoir que cette décision «arbitraire» lui a causé des «préjudices», il réclame des dommages de Rs 5 millions.

Le quinquagénaire a fait servir une mise en de- meure à l’Église, par le biais de ses hommes de loi, l’avoué Pazhany Rangasamy et Me Erickson Mooneapillay, la semaine dernière. L’habitant de Beau-Bassin explique qu’il ne porte pas le nom de famille de son père. Né en 1960, il a été élevé par sa mère biologique. «C’est à l’occasion de ma première communion que ma tante m’a révélé que mon père était prêtre.»

Dans sa mise en demeure, l’homme raconte qu’on lui a fait comprendre que cette relation était taboue. «Afin de cacher la vérité, l’Église donnait une somme de Rs 200 à ma mère comme pension.» Toutefois sa maman s’est établie en France, le laissant à la garde de sa tante. Cette dernière avait déjà neuf enfants sous sa responsabilité.

«J’ai été privé d’affection», poursuit le Beaubassinois, qui souligne également avoir dû mettre un terme à ses études à 14 ans, afin de trouver du travail. «J’avais demandé que l’Église contribue à mes frais scolaires, en vain.» À 16 ans, dit-il, il a voulu épouser sa petite amie. «Ses parents ont refusé ma demande parce que je n’avais pas d’identité.»

Le quinquagénaire soutient avoir finalement pu faire la connaissance de son père, qui vivait alors à La Réunion. Il affirme que ce dernier, qui était à la retraite, a reconnu qu’il était son fils. «Maintenant qu’il est mort, j’estime avoir subi des préjudices moraux.»

Interrogé, le Père Labour, le vicaire général du diocèse, affirme qu’il ne peut faire de commentaire, comme l’affaire est en cour. Dans une lettre datant du 14 février, le Cardinal Piat s’est excusé en son nom personnel et en celui de l’Église «pour le tort qui vous a été fait à vous et à votre famille».

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