Adoption Bill: les obstacles à l'adoption

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Des Britanniques résidant à Maurice avec les enfants éthiopiens qu’ils ont adoptés.

Des Britanniques résidant à Maurice avec les enfants éthiopiens qu’ils ont adoptés. Des Britanniques résidant à Maurice avec les enfants éthiopiens qu’ils ont adoptés.  

Les procédures d’adoption actuelles comportent beaucoup de lacunes. La plus grande: l’absence d’une agence centrale avec un registre d’enfants adoptables. Un problème auquel pourrait remédier l’Adoption Bill qui est en préparation.

Très peu d’informations ont, jusqu’ici, filtré sur l’Adoption Bill. En revanche, les revendications des parties prenantes de l’adoption sont, elles, bien précises. La principale: «Une agence centrale avec un registre d’enfants adoptables.»

Lors d’un Validation Workshop, le 31 mai, elles en ont fait part au ministère de l’Égalité du genre, du développement de l’enfant et du bien-être de la famille, qui planche actuellement sur ce projet de loi. Au dire de Rita Venkatasawmy, l’Ombudsperson for Children et de l’avocate Jenny Mootealloo, «il y a énormément de choses qui clochent avec les procédures d’adoption actuelles».

La lacune principale, soulignent-elles, est l’absence d’un registre d’enfants adoptables. Pourquoi cette mesure est-elle si importante ? Il faut d’abord savoir qu’il existe trois types d’adoption à Maurice: l’adoption simple, l’adoption plénière et la légitimation.

L’adoption simple consiste en un accord entre les parents biologiques et adoptifs avec la possibilité que les parents biologiques soient présents dans la vie de l’enfant. À Maurice, il faut absolument passer par la case de l’adoption simple.

Or, explique Me Jenny Mootealloo, qui a beaucoup travaillé sur les cas d’adoption à Maurice, «la Convention de la Haye demande que l’on fasse attention aux contacts entre parents biologiques et parents adoptifs. Cela peut entraîner des abus et le trafic d’enfants contre de l’argent».

Racines

L’avocate précise toutefois que réduire le contact entre parents biologiques et adoptifs ne signifie pas l’élimination de l’adoption simple. «Si un cadre légal est établi et que les procédures se font entièrement à travers l’agence, les parents biologiques peuvent très bien être présents dans la vie de l’enfant», affirme-t-elle.

Un argument auquel souscrit avec force Rita Venkatasawmy. «Il est extrêmement important que l’enfant puisse garder un contact avec ses racines et sa famille biologique», avance-t-elle. C’est la raison pour laquelle elle préconise «une agence qui puisse superviser l’adoption».

Le fait est que l’absence d’une telle agence occasionne de nombreux inconvénients. Et a même résulté en un boycott de la part des juridictions étrangères. «L’on ne peut plus pratiquer d’adoption pour des parents étrangers à Maurice», déplore Me Jenny Mootealloo.

Les autorités françaises, par exemple, ont gelé toutes les procédures d’adoption d’enfants mauriciens par des citoyens français. «Les procédures peuvent se faire au niveau de Maurice mais les autorités françaises ne donnent pas de visa. Les risques de trafic d’enfants sont trop grands», indique Me Mootealloo.

Les enfants placés dans des abris font également les frais de l’absence d’un registre d’adoption. Actuellement, ils ne sont pas adoptables. «C’est parce qu’il faut passer par une adoption simple avant et les parents biologiques doivent être partie prenante des procédures.» Des obstacles trop nombreux à surmonter, selon l’avocate. Pourtant, fait valoir Rita Venkatasawmy, «ce serait un moyen de diminuer le nombre d’enfants qui se trouvent en shelter».

Outre la mise sur pied d’une agence cen- trale d’adoption, un registre d’adoptants qui permettrait l’évaluation des compétences de chacun d’entre eux, est souhaitable, soutient Me Jenny Mootealloo. Un suivi post-adoption adéquat, par exemple, est également demandé. «Il faut pouvoir s’assurer du bien-être de l’enfant après une adoption», insiste-t-elle.

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