Industrie du cinéma: une machine à rêves en marche

Avec le soutien de
 le réalisateur Corvilen Mareemootoo

 le réalisateur Corvilen Mareemootoo

Tapis rouge, petits fours, une heure et demie de discours pour lancer… deux bandes annonces. Entre flatteries appuyées au ministre mentor et vœux pieux concernant «l’industrie du cinéma», la machine à rêves tourne à plein régime. 

Festival de Cannes à l’horizon  

À en croire les responsables de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC), dont le président Arnaud Martin, ce n’est qu’une question de temps avant qu’un film mauricien ne soit sélectionné au Festival de Cannes. Vikram Jootun, directeur de la MFDC, est allé deux fois au Festival de Cannes depuis qu’il est en poste à la MFDC, soit en 2016 et en 2017. Cela figure dans la liste des voyages, déposée à l’Assemblée nationale, en réponse à une question du député de l’opposition, Rajesh Bhagwan. En 2015, année de sa prise de fonction, Vikram Jootun a fait une moyenne d’un voyage par mois entre août et novembre. Entre 2015 et 2017, rien que dans le cas de l’Inde, il s’est rendu quatre fois à Mumbai, deux fois à Hyderabad, deux fois à Goa, une fois à Jaipur, une fois à Chennai.

Valentina Première repérée dans un supermarché joue la méchante dans les deux films à venir. 

Budget 2018-2019 : Encore du cinéma  

Des mesures «novatrices». C’est ce que promet Nando Bodha, ministre des Infrastructures publiques, en référence au prochain Budget, qui sera présenté dans 10 jours. Il a pris la parole lors de la longue cérémonie de lancement de deux bandes annonces, vendredi soir à MCiné, Trianon. «Nous avons proposé un fonds pour l’écriture de scénarios pouvant être présentés à d’éventuels investisseurs.» Rappelons qu’un Film Promotion Fund, relevant de l’Economic Development Board a été créé le mois dernier.

Selon Nando Bodha, des banques ont participé au financement du film hollywoodien Serenity (tourné chez nous l’an dernier). «Elles se sont rendu compte que c’est un business model.»  

 «(…) il ne faut pas compter uniquement sur le sponsoring, il faut un business model viable» 

Le Budget 2017-2018 prévoyait que «le Film Rebate Scheme soit modifié pour encourager les productions locales. Il sera étendu à d’autres domaines, tels la production de séries télévisées et le doublage». L’an dernier, le Budget pré- voyait aussi que des cours seront offerts par le National Skills Development Programme, pour former des talents locaux à la production de films, ainsi qu’aux arts visuels et plastiques. On attend aussi que le studio de tournage annoncé (dans la smart city d’Omnicane) démarre. 

Yash Raj Films arrive  

En octobre 2017, la première édition du Mauritius Cinéma Week avait accueilli les actrices Rani Mukherjee et Emmanuelle Béart. Selon Pradeep Roopun, ministre des Arts et de la culture, «grâce à Rani Mukherjee, nous avons pu convaincre Yash Raj Film de venir à Maurice. Très bientôt, un film avec un budget dépassant les 100 millions de roupies sera tourné chez nous». Yash Raj Films est l’une des prestigieuses sociétés de production de la Grande péninsule. Rani Mukherjee figure parmi les membres du conseil d’administration. 

L’«écosystème» économique  

Nanda Narrainen, Head Film and Creative Industries, à l’Economic Development Board (EDB), affirme que l’objectif du Film Rebate Scheme (FRS), créé en 2013, était de susciter une industrie du cinéma. «Il y a une perception que nous voulons créer cela juste pour attirer des étrangers». Tout en reconnaissant qu’au début, les conditions du FRS étaient «difficiles» pour les réalisateurs locaux, il affirme qu’en cinq ans d’existence, les autorités ont pris en considération leurs attentes. Il a indiqué que le taux minimum de dépenses donnant droit au FRS est passé de 100 000 dollars américains à 50 000 dollars, «pour les producteurs locaux».  

Depuis 2013, le Board of Investment, puis l’EDB a approuvé «18 projets locaux, dont six sont déjà tournés. Dont un projet de film d’animation et un autre qui comprend des effets spéciaux. Cela équivaut à environ Rs 60 millions. De cette somme, une grosse part vient des sponsors. Mais quand il s’agit d’industrie, il ne faut pas compter uniquement sur le sponsoring, il faut un business model viable». Au total, l’EDB a approuvé 105 projets, parmi 65 – dont certains locaux – sont déjà terminés. «Les producteurs ont dépensé près de Rs 1.6 milliards chez nous», a précisé Nanda Narrainen. 

Deux films made in Mauritius à venir 

 Sada Rajiah, réalisateur. 

Le coup parfait de Sada Rajiah  

C’est son premier long-métrage. Le coup parfait, un film policier où l’on voit le DJ et animateur Jimmy Gassel dans la peau d’un voleur, sort le 14 juillet prochain. «Cela nous laisse un mois et demi pour faire le marketing du film. Nous envisageons une diffusion à La Réunion. Nous avons fait deux voyages en Europe récemment, nous attendons les retombées.» Budget de Le Coup parfait : Rs 8,4 millions. Les procédures pour bénéficier du Film Rebate Scheme sont en cours. «J’ai déjà signé pour être le réalisateur de deux films avec le producteur indien Sangeet Miskin.».

High 5 de Corvilen Mareemootoo  

Le titre fait référence à un salut. High 5 sortira au mois d’août. Le budget du film tourne autour de Rs 6 millions. Les procédures pour obtenir le Film Rebate Scheme sont en cours. Ce film raconte une randonnée qui tourne mal, car les enfants tombent nez à nez avec une bande de malfrats. Les spectateurs auront l’occasion de retrouver le comédien Didier Anthony, ancien des Komiko, au générique.  

Le projet a commencé quand «Vikram Jootun nous a emmenés au festival de Goa. Autour d’un café, il m’a demandé si j’allais continuer à faire des courts-métrages et si je ne pensais pas qu’il était temps de jouer dans la cour des grands. Jamais je n’aurais imaginé rentrer dans la cour des grands aussi vite», a confié le réalisateur, qui joue aussi dans le film. De retour à Maurice, Corvilen Mareemootoo affirme avoir revu Vikram Jootun plusieurs fois. «Mo dir li mo pa kone kot sa pou koumanse. Il est mon mentor.» 

Biographie. Un film sur SAJ en préparation 

Vikram Jootun, directeur de la MFDC a annoncé qu’un film sur sir Anerood Jugnauth, ministre mentor (photo), est en préparation. «Nous espérons qu’il sera prêt pour mars 2019.» C’est le tandem Sada Rajiah et Désiré Prevost qui en a la responsabilité. Les mêmes qui ont réalisé le nouveau clip de la chanson «Lame dan lame», une reprise choisie par le comité des célébrations, présidé par Nando Bodha, pour marquer les 50 ans de l’indépendance.  

Sollicité pour des précisions quant au film sur SAJ, Vikram Jootun indique que, «ce film racontera son enfance jusqu’au moment où il est devenu avocat, pas sa carrière politique». Il estime le budget du film à environ Rs 8 millions, ce qui lui donnera droit au FRS. Qui jouera le rôle de SAJ ? Le casting n’a pas encore commencé. 

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