Nécrologie: Abhimanyu Unnuth nous laisse ses «Sueurs de sang»

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Le travail d’Abhimanyu Unnuth a été largement reconnu en Inde, où plusieurs distinctions lui ont été décernées.

Le travail d’Abhimanyu Unnuth a été largement reconnu en Inde, où plusieurs distinctions lui ont été décernées.

De la verve et de l’énergie dans sa voix légèrement voilée. De la passion quand il écrivait. Abhimanyu Unnuth, le poète des réalités, le romancier du quotidien, s’est tu. Ce grand nom de la littérature en hindi, de la littérature tout court, nous a quittés dans l’après-midi de ce lundi 4 juin.

Il était atteint de la maladie d’Alzheimer. Il est décédé aux soins intensifs, où il avait été admis, hier. La date de ses funérailles n’a pas encore été fixée. Abhimanyu Unnuth aurait eu 80 ans, le 9 août.

Sa plume proche du sort des travailleurs engagés, inspirée par ses propres débuts difficiles, avait adopté la générosité de la langue hindi. Écrivain prolifique, il est l’auteur de plus de 70 ouvrages : des vers, de la prose, mais aussi des essais, pour dire sa vision de la vie. Il s’exprimait avec une telle qualité, dans cette langue, que son travail a été largement reconnu dans la Grande péninsule.

Traductions en français

On ne compte plus le nombre de récompenses qui lui ont été décernées en Inde. En 2014, par exemple, il est devenu membre de la Sahitya Akdemi, l’académie nationale des lettres, en Inde, pour son rayonnement dans le monde de la littérature en hindi. Son salon à Triolet était d’ailleurs rempli de trophées, de certificats et d’attestations.   

Mais Abhimanyu Unnuth ne s’est pas seulement adressé aux lecteurs de l’hindi. Il a franchi le pas vers l’universalité, grâce aux traductions en français. La plus connue, Lal pasina, devenue «Sueur de sang». Traduit de l’hindi par Kessen Budhoo et Isabelle Jarry, l’ouvrage est paru aux éditions Philippe Rey en 2001. Le tout avec une préface signée Jean Marie Le Clézio.

«Lal pasina/Sueur de sang» retrace le quotidien des travailleurs engagés qui ont pris la suite des esclaves, dans le dur labeur des champs. Des êtres «broyés entre les meules du moulin à bras de l’histoire». En 2008, quand Jean Marie Le Clézio a obtenu le prix Nobel de littérature, il avait dédié cette distinction suprême à plusieurs auteurs. Parmi, figurait son compatriote mauricien Abhimanyu Unnuth.      

National Award

Plus récemment, «Rok do kanha» est passé entre les mains de Rajrani Gobin du département de hindi du Mahatma Gandhi Institute et de Kumari Issur de la faculté de lettres de l’université de Maurice. Traduit de l’hindi au français, l’œuvre est devenue, «Arrête cette guerre, Krishna».

Abhimanyu Unnuth était aussi un homme de télévision. Il avait écrit et produit la série télévisée Naya Ayaam, à la télévision nationale. L’une de ses dernières distinctions en date : le National Award, dans la catégorie littérature. Une récompense pour l’ensemble de son œuvre, venue de l’État mauricien.

Malade, Abhimanyu Unnuth n’avait pu assister à la cérémonie de remise de prix. Il y avait été représenté par son fils. De Paris où il se trouve actuellement, le ministre des Arts et de la culture a dit sa tristesse d’apprendre la disparition de l’écrivain. Avant de raconter que le samedi 26 mai, il s’était rendu à son domicile pour lui remettre son chèque de Rs 100 000.

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