Licenciements à la CWA: «Les employés d’autres corps parapublics subiront le même sort»

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Atma Shanto et des General Workers licenciés devant les locaux du ministère du Travail, vendredi 1er juin.

Atma Shanto et des General Workers licenciés devant les locaux du ministère du Travail, vendredi 1er juin.

Le ministre Ivan Collendavelloo deviendrait-il sénile? Le syndicaliste Atma Shanto le pense, en tout cas. «Laz ki li’nn arivé, li na pa pé konpran nanyé», lâche le président de la Fédération des travailleurs unis (FTU), qui ne décolère pas depuis la mise à pied de 150 General Workers de la Central Water Authority (CWA), le jeudi 31 mai.

Suivant une première rencontre «assez cordiale» avec le ministre du Travail par intérim, Maneesh Gobin, vendredi 1er juin, une seconde réunion est prévue après-demain, mardi 5 juin, à 11 h 30. «Nous serons patients. Pa pé met kouto anba likou person.» N’empêche, en cas de «deadlock», lance le syndicaliste, «nous n’hésiterons pas à entamer des actions plus musclées».

À en croire Atma Shanto, Maneesh Gobin aurait été «presque convaincu» par les arguments des ex-employés licenciés. Ces derniers soutiennent que contrairement à ce qu’a affirmé le ministre Ivan Collendavelloo, ils n’ont jamais été des travailleurs contractuels. D’ailleurs, certains comptent jusqu’à 25 années de service au sein de la CWA.

Le ministre Gobin a demandé aux officiers du ministère du Travail de procéder à des vérifications. Il s’avère que «les General Workers licenciés ont toujours travaillé pour la CWA. Ce sont les contracteurs qui ont changé, jusqu’à ce que la CWA emploie ces travailleurs elle-même». Ce qui vient prouver le point d’Atma Shanto sur le «continuous service».

Dans la foulée, il remet en question l’affirmation d’Ivan Collendavelloo concernant le «système archaïque» sous lequel ces General Workers ont été recrutés. «Est-ce que c’est de la faute des travailleurs ou celle du Top Management et des ministres responsables de la CWA?»

Le licenciement de ces General Workers, poursuit Atma Shanto, pose un «problème social». À leur âge, fait-il comprendre, où trouveront-ils de l’emploi? Sans compter qu’ils ont des dettes. «Gouvernman pa kapav les travayer tom lor pavé.»

Du reste, s’interroge le président de la FTU, comment expliquer qu’on mette des gens qui ont de l’expérience à la porte et qu’on procède, dans la foulée, à des recrutements. Seule explication pour lui : «Pé fer plas pou bann koler lafis. Nou pé ouver nou lizié an gran.»

On ne peut laisser faire, insiste Atma Shanto, qui demande aux travailleurs du pays, surtout ceux du secteur public, d’ouvrir les yeux. «Voilà ce qui se passe aujourd’hui dans un corps parapublic. Si on n’y met pas un frein, cela va continuer dans les autres organismes parapublics», prévient-il.

Tout cela amène Atma Shanto à la conclusion que «Collendavelloo pé fons koulou dan serkeil Jugnauth pli an profonderr. Si le Premier ministre n’ouvre pas les yeux, il va le payer très cher.»

Un avis que partage la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU). Dans une lettre adressée au Premier ministre, le 28 mai, le président Narendranath Gopee fait ressortir que l’insistance du Premier ministre adjoint pour privatiser la CWA et une hausse du tarif de l’eau, a «beaucoup terni» l’image du gouvernement.

Pour la FCSOU, au vu du «travail accompli» par le Premier ministre, le licenciement des 150 General Workers de la CWA  est tout simplement «inconcevable». Dans sa missive, Narendranath Gopee va plus loin. Et parle d’une «concocted strategy to stain the growing popularity of your Government».

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