Addiction à la cigarette: les méthodes pour arrêter font un tabac

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Outre des patchs, des plans sont disponibles afin d’aider les fumeurs à cesser la cigarette.

Outre des patchs, des plans sont disponibles afin d’aider les fumeurs à cesser la cigarette.

«Tout est arrivé en Form II, avec les camarades de classe. On fumait parfois une cigarette à deux ou à trois. Après, je pouvais en griller une quinzaine par jour», confie Jacques, 65 ans. Au fil des années et de l’addiction, sa santé commence à partir en fumée. Chaque effort physique cause essoufflements et palpitations. De plus, son budget s’alourdit.

Par hasard, deux jeunes filles font du recrutement pour le plan de cinq jours, méthode préconisée gratuitement par l’association Ligue Vie et Santé. «J’avais tout essayé. Patchs, chewing-gum : rien n’a marché. Ma femme avait adhéré à ce plan et elle avait réussi. J’ai donc essayé à mon tour», confie-t-il.

Le 21 avril, Jacques se lance. Et dès la première séance, qui dure une heure et demie chacune, sur cinq jours consécutifs, sa dépendance prend fin. D’autant que dans cette mission, il n’était pas seul. «Nous étions un groupe de 12 voisins. Trois se sont désistés. Le reste a tenu bon. Aujourd’hui, on a réussi», précise-t-il.

«Les participants se rencontrent le soir et cessent de fumer sans médicaments. Ils s’encouragent, sont déterminés à faire face au manque, au sevrage tabagique, au stress et aux questions diététiques.»

En quoi consiste ce plan de cinq jours ? Lancée à Maurice depuis 1967 selon l’association, cette thérapie de groupe assure une prise en charge physiologique et psychologique. «Avant de démarrer, nous organisons une réunion pour comprendre les habitudes des fumeurs et les préparer au programme. Le succès survient dans 90 % des cas», déclare Sanjay Bandu, vice-président de l’organisation.

Il prépare un recrutement le 7 juin à la mairie de Port-Louis de 11 h 30 à 12 h 30. Après cette étape, le programme commencera le 11 juin. D’après lui, des milliers de Mauriciens y ont souscrit.

Selon le Dr Mike Sooknundun, de la clinique du Nord, le plan de cinq jours a été initié en Californie en 1959. «Les participants se rencontrent le soir et cessent de fumer sans médicaments. Ils s’encouragent, sont déterminés à faire face au manque, au sevrage tabagique, au stress et aux questions diététiques.»

«Le matin après le petit-déjeuner, ça vient. Parfois, vous sentez l’odeur quand une personne fume. Mais il faut resister.»

Outre cette méthode, des cliniques de cessation sont sollicitées. Selon le Dr Balkrish Beedassy, responsable du programme à l’hôpital de Candos, huit unités sont opérationnelles dans ces établissements de santé publique, dont une à Rodrigues. «Nous avons démarré un projet pilote en 2008. À l’hôpital Victoria, 1 585 ont été traités de 2011 à ce jour», confie-t-il.

Dans ce cas, le traitement individuel dure dix semaines. Une évaluation est faite et le programme personnalisé selon la dépendance du fumeur. Des médicaments et substituts à la nicotine comme des patchs, etc., sont préconisés.

À travers ce programme, Kaviraj, 40 ans, et Rajiv, 49 ans, fumeurs depuis la majorité, sont parvenus à contrôler leur addiction. «Je fumais une douzaine de cigarettes au quotidien. En 2016, j’ai voulu arrêter. Un jour, j’étais dans la salle d’attente à l’hôpital et j’ai vu une émission sur ces plans. Je me suis inscrit. C’était difficile de cesser car dans mon travail, je suis vraiment sous pression. La cigarette me permettait d’évacuer cela. Mais je devais arrêter. J’ai suivi le traitement à deux reprises et ça a marché», raconte Kaviraj.

De son côté, Rajiv a considérablement diminué sa dépendance : «De la quinzaine, je suis maintenant à

 4-5. Je vais continuer mes efforts pour cesser de fumer définitivement.» La volonté est d’ailleurs la meilleure arme contre la récidive, souligne Jacques.

Selon Mike Sookunundun et Manseej Purang, médecins, une année suivant un plan de cessation comme celui de cinq jours, 75 % des participants récidivent. D’ailleurs, les anciens fumeurs le confirment : la tentation les guette. «Le matin après le petit-déjeuner, ça vient. Parfois, vous sentez l’odeur quand une personne fume. Mais il faut résister», dit Jacques. Idem pour les autres intervenants. «Ce n’est pas facile de rompre avec une habitude, surtout quand on stresse. Mais il faut s’appliquer», ajoute Kaviraj.

Les autres programmes

En sus des programmes de cinq jours et hospitaliers, deux techniques sont utilisées à Maurice pour cesser de fumer. En premier lieu, on trouve l’acuponcture. Joe, 77 ans, y a adhéré avec succès. «C’était genre 30 cigarettes par jour. Je savais que ce n’était pas sain pour moi. J’avais essayé d’arrêter, en vain. En 2005, j’ai suivi un traitement à l’acuponcture. J’y allais pendant cinq jours. Je n’ai plus jamais replongé», raconte-t-il.

D’après le Dr Mike Sooknundun, selon une étude de la revue Preventive Medicine, les personnes ayant fumé pendant 23 ans qui souscrivent à cette méthode chinoise, peuvent constater que l’envie de la cigarette s’estompe. Cette pratique permet aussi de gérer les symptômes de sevrage à la nicotine.

Deuxièmement, l’hypnose serait utile. «En utilisant cela, les individus entrent dans un état de concentration et deviennent plus sensibles aux suggestions affaiblissant l’envie de la cigarette et renforçant la volonté d’arrêter», ajoute-t-il.

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