Prêt transfrontalier non performant: deux hauts cadres d’une importante banque sur la sellette

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Des dépôts ont été faits en dollars américains dans le cadre de ce prêt.

  Des dépôts ont été faits en dollars américains dans le cadre de ce prêt.    

L’étau se resserre autour de deux cadres d’un important groupe bancaire du pays. Ils sont impliqués dans l’allocation d’un prêt de Rs 7 milliards à un consortium kenyan ; seulement 50 % de cette facilité bancaire bénéficie d’une garantie par ce dernier, à travers des dépôts en dollars américains. Aussi étrange que cela puisse paraître, alors que la différence, Rs 3,5 milliards, disposait d’une hypothèque, celle-ci n’a pas été exécutée par cette banque qui a tout simplement oublié de l’enregistrer.

Face à cette légèreté de la part de la banque domestique, ses hauts cadres ont multiplié les déplacements au Kenya, la semaine dernière, pour convaincre le client kenyan de respecter son engagement, en garantissant ses actifs. Une manière pour cette banque de sauver les meubles. Ce que le consortium kenyan a accepté.

Le plaisir a été cependant de courte durée pour cette banque, qui a appris par la suite que l’évaluation des avoirs que le consortium a soumise était un faux. D’ailleurs, c’est le cabinet d’audit Ernst & Young (EY), l’audit externe de cette banque, qui a récemment découvert le pot aux roses suivant un exercice de vérification. Interrogé, le Managing Partner de EY, Gerald Lincoln, n’a pas souhaité faire de commentaire sur son client. «C’est contre l’éthique de notre profession», dit-il.

Travail d’équipe

Les auditeurs externes n’ont pas tardé à informer la direction de la Banque de Maurice ainsi que les responsables de la banque en question de ce jeu d’écriture auquel le consortium s’est livré. Les deux équipes, apprend-on, travaillent ensemble pour situer les responsabilités des protagonistes impliqués dans cette affaire.

Ce n’est pas la première fois que cette banque domestique se trouve au centre de controverses financières. Dans un passé récent, elle avait défrayé l’actualité suivant le prêt accordé à un VIP, assorti de conditions avantageuses.

Tout laisse croire que deux hauts cadres laisseront des plumes dans cette controverse. Le premier, occupant des postes de responsabilité au sein de cette banque, a été contraint, il y a cinq ans, de démissionner d’une autre banque commerciale et cela, en raison des mauvais choix stratégiques sur le marché du forex qui a plombé les revenus de cette banque, membre d’un holding familial. Le second a travaillé dans la même banque que le premier avant de faire le saut dans l’établissement victime de ce prêt non performant de Rs 3,5 milliards. Il opère dans le segment du Global Business de la banque.

Devant l’ampleur de cette créance douteuse qui a échappé à la vigilance de ces deux hauts cadres, des têtes vont sûrement tomber. Affaire à suivre.

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