Rs 15 millions à Raj Dayal: «C’est l’argent des contribuables!»

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Shakeel Mohamed a déposé une motion de blâme contre Maneesh Gobin au secrétariat de l’Assemblée nationale le 1er juin 2018.

Shakeel Mohamed a déposé une motion de blâme contre Maneesh Gobin au secrétariat de l’Assemblée nationale le 1er juin 2018.

Shakeel Mohamed poursuit son combat. Il réclame des explications de Maneesh Gobin sur le paiement de Rs 15 millions de la part de l’Etat à Raj Dayal. Alors qu’il a déposé une motion de blâme contre l’Attorney General le vendredi 1er juin, il explique que «cette affaire ne peut être traitée à la légère car il s’agit de l’argent des contribuables».

«L’Attorney General ne peut pas s’en tirer aussi facilement. Il devra venir dire pourquoi l’État a accepté la médiation dans le cas de Raj Dayal», poursuit le chef de file du Parti travailliste au Parlement. Il espère que sa motion of no confidence, déposée au secrétariat de l’Assemblée nationale, soit traitée en priorité.

Fac-similé de la lettre de Shakeel Mohamed, déposé au Parlement le vendredi 1er juin 2018.

Trop de zones d’ombre, dit-il, entourent ce paiement de Rs 15 millions en faveur du député du Mouvement socialiste militant (MSM), en mars 2018. «Premièrement, il y a l’argument time barred. La loi est claire. L’on ne peut intenter une action contre l’État plus de deux ans après les faits.» Or, la plainte de l’ancien commissaire de police (CP) Raj Dayal remonte à 2011, soit plus de 14 ans après sa destitution.

Pourquoi une telle générosité alors que le Deputy Chief State Attorney Verna Nursimooloo avait conseillé de résister à la plainte de l’ancien CP contre l’État, en lui faisant payer les frais du procès ? La plainte de l’élu du MSM n’était pas recevable car il n’avait pas pu prouver l’existence d’une faute lourde de l’État dans sa suspension et sa destitution. C’est ce que démontrent d’ailleurs les documents exclusifs publiés par l’express.

Décision du Cabinet ?

Le député rouge veut non seulement établir la responsabilité de l’Attorney General dans cette affaire de gros sous mais aussi celle du Conseil des ministres. Est-ce que Maneesh Gobin a agi de son propre chef ? Si oui, il s’agit d’une faute grave, estime Shakeel Mohamed, car pour tout paiement de plus de Rs 500 000, cela doit passer par le Cabinet.

Et si l’Attorney General a suivi les règles, cela voudra forcément dire que le Premier ministre était bel et bien au courant de cette médiation et de ce paiement de Rs 15 millions à Raj Dayal, argumente le parlementaire travailliste, qui espère que les débats sur cette motion de blâme viennent tirer cette affaire au clair.

Pour rappel, Raj Dayal avait démissionné de son poste de ministre suite à son arrestation dans l’affaire Bal Kouler, en avril 2016.

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