La Marche des Fiertés aura bel et bien lieu

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Accompagnée de son avocat, Me Jean Claude Bibi, Pauline Verner a porté plainte au Central Criminal Investigation Department le vendredi 1er juin. © Rishi Etwaroo

Accompagnée de son avocat, Me Jean Claude Bibi, Pauline Verner a porté plainte au Central Criminal Investigation Department le vendredi 1er juin. © Rishi Etwaroo

La 13e édition de la Marche des Fiertés se tiendra bel et bien ce samedi 2 juin au Caudan. Dans un premier temps, la police l’avait interdite, ce qui avait conduit le collectif Arc-en-Ciel, l’organisateur de la marche, à décider de la tenue d’un sit-in. Finalement, les forces de l’ordre sont revenues sur leur décision vendredi.

Dans un post publié sur Facebook vendredi soir, le collectif Arc-en-Ciel remercie le Premier ministre et le commissaire de police d’autoriser la Marche des Fiertés. «Nous demandons aux citoyens qui souhaitent défendre la liberté d’expression, la liberté d’exister, de venir massivement au Caudan», déclare Pauline Verner, consultante du collectif Arc-en-ciel.

Si les organisateurs donnent rendez-vous aux Mauriciens à 11 heures, la marche elle-même débutera à 13 heures. Les manifestants reviendront au Caudan à 14 heures. L’itinéraire a été changé et sera divulgué par la police ce samedi.

Post publié sur Facebook dans la soirée du 1er juin par le collectif Arc-en-Ciel, après que la police a autorisé la tenue de la Marche des Fiertés.

Les forces de l’ordre ont donc autorisé la tenue de cette Gay Pride qu’elles avaient plus tôt interdite. Cédant face aux pressions d’un groupuscule, elles avaient évoqué comme raison la sécurité nationale. Mais le collectif Arc-en-Ciel avait décidé de maintenir les événements prévus.

Depuis quelques jours, les posts homophobes sur Facebook sont de plus en plus virulents. Les railleries se sont transformées en invectives pour finalement aboutir à des menaces de mort. Pauline Verner, consultante du collectif Arc-en-ciel, en a reçu 126 en une nuit. Elle a porté plainte au Central Criminal Investigation Department en compagnie de son homme de loi, Me Jean Claude Bibi. De son côté, l’Attorney General, Maneesh Gobin, a demandé une enquête immédiate de la police sur ces menaces de mort. Il intervenait vendredi à un séminaire organisé par le collectif Arc-en-Ciel à l'hôtel Saint-Georges à Port-Louis.

Démonstration d'homophobie

Pauline Verner fait valoir que le travail de l’ONG est d’autant plus d’actualité avec cette démonstration de l’homophobie dont le pays a été témoin. Il est hors de question de laisser gagner les propos haineux et sectaires.

Toutefois, certaines interrogations demeurent sans réponse. «Pourquoi n’y a-til eu aucune convocation face aux appels à faire des émeutes et aux menaces de mort alors que l’appel d’un internaute à manifester contre la hausse du prix de l’essence s’est terminé par un interrogatoire, le jour même ?» se demande un activiste.

Réactivité de la police

La réactivité de la police a été la même lorsque la photo du Premier ministre avait atterri sur un site pour adultes, fait ressortir un autre. Depuis une semaine, les menaces de mort envers la communauté LGBT et les activistes se sont multipliées et Pauline Verner a été personnellement menacée.

Un membre du gouvernement abonde dans le même sens que la police. «Il y en a même qui ont menacé de se faire exploser», dit-il pour soutenir la décision policière.

Sécurité des... policiers

Face à cette situation, les forces de l’ordre avaient estimé qu’il sera difficile d’assurer la sécurité des manifestants. «Le collectif Arc-en-Ciel peut-il s’assurer de la sécurité des policiers lors du sit-in ?» a ironisé une autre activiste.

La police, de son côté, a laissé entendre qu’elle a ouvert une enquête. Quant à celle initiée sur la contre-manifestation illégale du même groupuscule l’an dernier, elle est toujours en cours…

Fuites d'informations

L’autre question qui demeure : la relation entre le groupuscule qui fait pression et la police. «Lapolis inn anbet nou», avait posté l’un, ou encore, «zot lamars inn cancel», avait posté un autre, bien avant que le collectif soit mis au courant de la décision de la police d’interdire la marche. Mais personne au sein de la force policière n’a pu donner d’explications quant à ces fuites d’informations.

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