Vidur Ramdin: «Des banques mauriciennes ne jouent pas le jeu»

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Premier Mauricien à être directeur du département de la communication et marketing du Fonds de solidarité africain (FSA), basé au Niger, Vidur Ramdin était de passage en novembre pour rencontrer des institutions financières. Il déplore que bien que le FSA ait des accords avec des banques ici, ces dernières ne fassent pas profiter des facilités aux Mauriciens. Depuis sa visite, rien ne s’est passé.

Parlez-nous de ce FSA, méconnu d’un grand nombre de Mauriciens.

Le Fonds de solidarité africain a été créé le 21 décembre 1976. Cette création formelle faisait suite à la décision des chefs d’État réunis au Sommet France-Afrique de Bangui, Centre-Afrique, en 1975. La création du FSA s’inscrivait dans le cadre d’un projet de solidarité agissante afin que les États les plus nantis apportent leur appui aux moins nantis. La constitution du capital et les règles d’intervention ont été définies en conformité avec cette philosophie de solidarité agissante.

Le fonds a eu ainsi pour mission de faciliter le développement économique de ses 14 États membres africains en jouant le rôle de catalyseur des systèmes financiers, en vue de permettre, aux États et aux entreprises publiques et privées, d’une part, l’accès aux crédits destinés à financer des projets d’investissements productifs et, d’autre part, en facilitant la mobilisation de l’épargne locale et extérieure, notamment par des interventions en garantie sur les marchés financiers. Le siège du FSA se trouve au Niger…

Le FSA vise à dynamiser les économies et lutter contre la pauvreté dans les États membres. De manière plus pratique, quels types d’activités menez-vous ?

Les missions conférées au fonds sont simples à définir et complexes dans leur mise en œuvre. Elles consistent à catalyser le financement des projets d’investissement tant privés que publics, mais aussi l’appui à la mobilisation des ressources pour les structures de microfinance. L’intérêt du fonds pour l’accompagnement des projets d’investissement se justifie par le fait que ce sont de tels projets, relevant essentiellement du secteur privé, qui sont créateurs de valeur ajoutée.

Si l’on considère que le secteur privé est composé d’environ 70 % de petites et moyennes entreprises et / ou industries (PME / PMI), on comprend aisément l’intérêt de cette catégorie d’entreprises pour le fonds. C’est le biais par lequel les retombées des actions qu’il mène pourront atteindre le citoyen lambda, quel que soit son niveau social.

À ce titre, le FSA a été doté d’instruments opérationnels, dont la garantie financière, qui reste son cœur de métier. Ces instruments sont, entre autres, la garantie individuelle ou garantie de portefeuille, ainsi que le refinancement pour structuration ou pour allongement de la durée des prêts. Nous accordons une ligne de refinancement aux banques et établissements financiers. Nous assurons la bonification de taux d’intérêt, mis à la disposition des États.

Que faites-vous pour conscientiser les Mauriciens qui ne connaissent pas cette institution?

Notre message, aux jeunes de nos États membres, incluant Maurice, est le suivant : le FSA est et restera à leurs côtés. Le fonds s’est engagé à accompagner les projets des jeunes et à cheminer avec eux pour les réaliser et, partant, contribuer de façon significative au développement de leurs pays.

En ce qui concerne Maurice, nous sommes venus ici en novembre dernier. Nous avons signé des accords avec trois institutions bancaires, le Mauritius Africa Fund, la MauBank et la State Bank of Mauritius. Ces institutions sont appelées à financer des entrepreneurs à partir des fonds qu’elles peuvent obtenir du FSA. Bien sûr, il y a des conditions que ces institutions s’imposent.

Malheureusement, un mauvais écho nous parvient de Maurice. Il me semble que ces institutions ne jouent pas le jeu. Pourtant, nous avons les fonds. Savez-vous que Maurice étant un État membre, verse environ Rs 40 millions chaque année comme contribution ? Et l’on soutient que l’entrepreneuriat peut beaucoup apporter à Maurice. Il y a toute une gamme de projets que nous pouvons financer, surtout dans le domaine de l’agro-industrie, l’économie océanique, l’énergie verte.

Les autorités sont-elles au courant de cette situation ?

Sans doute. J’ai déjà parlé avec un cadre du ministère des Finances. Je suis navré pour les entrepreneurs mauriciens. Quelqu’un qui est allé sur notre site a pu obtenir des informations. Il traite directement avec nous. Il nous a présenté son business plan. Je négocie avec une banque étrangère pour qu’il reçoive un prêt.

Nous accordons tellement de facilités, avec en particulier la garantie d’un emprunt à hauteur de 80 %, que je suis triste que les Mauriciens n’en tirent pas profit. J’invite les Mauriciens à nous contacter par e-mail ([email protected]) ou à visiter le site www.fondsolidariteafricain.org.

Quels sont vos projets à succès ?

 Le FSA a été sollicité par Maurice pour deux projets, notamment. La mise en place du Bulk Sugar Terminal en 1983 et la construction de maisons NHDC en 2002. Pour d’autres pays, je vous cite l’installation d’une unité de fabrication de jus au Burkina Faso, l’implantation de l’hôtel Radisson Blu en Côte d’Ivoire et la construction du complexe universitaire à Niamey.

Son parcours 

Début 2017, Vidur Ramdin a rejoint le Fonds de solidarité africain en tant que directeur du département de la communication et marketing. Il a postulé à travers un avis de recrutement. Il compte plusieurs années d’expérience au niveau international, entre autres dans l’industrie, les affaires et les universités. Il est surtout expert en leadership dynamique, organisation et management, planification et développement de partenariat. Vidur Ramdin dispose d’une solide compétence en management et est spécialiste en marketing, relations publiques et communications. Il est titulaire d’un Executive MBA, d’un master en management de tourisme et marketing et d’une licence en gestion touristique. Et est en fin de cycle de son PhD. Au niveau du fonds, il a coordonné plusieurs conférences, forums, assemblées entre autres, au plus haut sommet de l’Afrique dans tous les États membres. Depuis 2017, il a participé à mettre en place le département de communication et marketing, recruter le personnel, installer un système de multimédia pour la traduction des discours aux normes des Nations unies, promouvoir le fonds dans les différents États membres, trouver des partenaires stratégiques, démarrer une newsletter semestrielle, améliorer la communication.  

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