À Port-Louis: un pandit promettait le mariage à plusieurs femmes

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Les jeunes femmes parlent du pandit comme un «escroc», un «arnaqueur», qui profite de leur crédulité pour essayer d’en tirer des avantages pécuniaires ou en nature...

Les jeunes femmes parlent du pandit comme un «escroc», un «arnaqueur», qui profite de leur crédulité pour essayer d’en tirer des avantages pécuniaires ou en nature...

«Tu es en âge de te marier. Mais c’est à toi de voir…» Heureusement que les parents de cette jeune femme lui ont laissé le choix. Celui qui avait demandé sa main ? Un pandit, qui officie dans un temple sis à la périphérie de Port-Louis. La jeune femme n’a pas accepté de se passer la corde au cou. La raison étant que «monn santi lay. J’ai entendu trop d’histoires à son sujet…»

Le religieux est, en fait, très connu dans la région. Et certains parlent d’un honnête homme qui aide pas mal de gens. Les jeunes femmes qui nous ont contactés, elles, parlent d’un «escroc, arnaqueur» qui profite de leur crédulité pour essayer d’en tirer des avantages pécuniaires ou en nature...

Comment procède-t-il ? Selon nos interlocutrices, qui ont eu affaire à cet homme, tout commence lors de séance de lecture du panchang. Il s’agit de consulter les astres pour prédire l’avenir ou «get destin», comme on le dit chez nous.

Cela se passe au temple ou dans son magasin situé dans un village du Nord. Le pandit détermine alors s’il faut faire une prière pour chasser le mauvais oeil ou quelque esprit malfaisant. De fil en aiguille, il se lie d’amitié avec les membres de la famille, s’immisce dans leur vie, gagne leur confiance et joue de son influence. Quant aux rumeurs qui courent à son sujet, grâce à son pouvoir de persuasion, il finit par les convaincre que les «palabres» sont infondés. Sa phrase préférée ? «Dimounn zalou. Enn pandit éna boukou lennmi...»

Une fois «bien installé», il propose à la femme sur laquelle il a jeté son dévolu de l’épouser, religieusement, cela s’entend. Ses cibles préférées : celles dont le mariage bat de l’aile, celles qui sont seules et qui sont aisées financièrement. Mais aussi et surtout celles qui n’oseront pas, selon lui, porter plainte à la police en cas de pépin, pour ne pas subir moqueries et quolibets.

En attendant le grand jour, le pandit ne chôme pas. Sur sa «liste», pas mal de demandes : argent, bijoux, voyages tous frais payés, séjours à l’hôtel ou encore vêtements de marque, rien n’est trop beau pour lui, semble-t-il. Ceux qui le côtoient indiquent, par ailleurs, que «li kontan glasé». À tel point que peu à peu, ses proies finissent par découvrir son petit manège, qui est loin de les enchanter.

Tissu de mensonge

Lundi, coup de théâtre. Cette fois, apprend-on, le pandit en question s’est marié, civilement cette fois, avec une mère célibataire. C’est ce qu’affirme une de ses «victimes», qui nous a contactés. Quelques jours auparavant, il promettait monts et merveilles à d’autres femmes. «Lors d’une séance de prière spéciale, il y a quelques semaines, alors que celle qui est aujourd’hui son épouse était dans l’audience, le pandit était également au téléphone avec au moins trois autres femmes.» À chacune, il indiquait que cette séance lui était spécialement dédiée…

Les responsables d’une association socioculturelle à laquelle appartenait le pandit se dissocient en tout cas de lui. «Nous n’avons rien à faire avec lui. Il a eu des problèmes avec d’autres pandits. C’est pourquoi il ne vient plus ici.» Quid de sa propension à «arnaquer» les femmes ? «Nous ne savons rien de tout cela. Il n’est plus le bienvenu ici…»

Le principal concerné crie, pour sa part, à une machination. «Wi, monn maryé sivil lindi. Mais tout cela n’est qu’un tissu de mensonges.» Toutes ces accusations, assure-t-il, sont proférées par des gens malveillants et frustrés «parski mo réfiz fer lapriyer kot zot».

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