Rapport de l’université: 53 000 Mauriciennes subissent la violence annuellement

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La fréquence de la violence extrême est d’un épisode par semaine, indique cette étude de l’UoM.

La fréquence de la violence extrême est d’un épisode par semaine, indique cette étude de l’UoM.

La violence entre partenaires intimes est en hausse. 53 000 Mauriciennes et 22 000 Mauriciens la subissent par an. C’est ce qui ressort d’une étude de l’UoM. Son objectif : évaluer le coût de cette violence sur l’économie. Coût qui se monte à Rs 2 Mds.

L’équivalent de la construction de la première phase d’une smart city. C’est ce à quoi correspond le cumul de tous les coûts liés à la violence intime sur l’économie. Soit de Rs 2 milliards.

Si le chiffre global était connu, voici les détails. Dans son rapport final intitulé A Quantitative Assessment of Intimate Partner Violence (IPV) and Associated Economic Costs in Mauritius, Riad Sultan du département d’Économie et de Statistiques de l’univer- sité de Maurice (UoM), estime le taux de prévalence de toutes les formes de violence durant les derniers 12 mois précédant l’étude à 18,4 % chez les Mauriciennes (53 000) et 7,5 % chez les Mauriciens (22 000). Cette étude de l’UoM, commandée par le ministère de l’Égalité du genre, a été présentée au Conseil des ministres vendredi.

La fréquence de la violence extrême est d’un épisode par semaine (tous les sept à huit jours). Les cas de violence épisodique ont lieu en moyenne tous les trois mois. De nombreuses victimes se taisent. Ainsi, 14 % des femmes et 8 % d’hommes souffrent en silence. Mais plus de la moitié des femmes se confient à leur famille et un quart des hommes en font autant. Leurs autres recours sont les amis, les voisins, la police et les collègues.

Le coût des dépenses encourues par les victimes de violence intime cherchant de l’aide auprès de leurs parents est de Rs 20,3 millions, alors que le montant des dépenses pour les victimes qui recherchent de l’aide auprès des amis, des collègues, de la police, du centre SOS Femmes et du ministère de l’Égalité du Genre est de Rs 38 millions.

Celles ayant subi l’extrême violence se sont rendues à l’hôpital. Tandis que plus de la moitié des femmes qui la subissent occasionnellement ont cherché de l’aide auprès des pharmacies.

Les femmes au foyer victimes de violence extrême prennent plus de temps pour accomplir les tâches ménagères, soit huit heures au lieu des six heures habituelles. L’impact chiffré de cette violence sur le foyer est de Rs 649 millions.

Les employées victimes de violence extrême mettent quatre jours à se reprendre. Chez celles qui la vivent occasionnellement, c’est trois jours. «Il a été noté que 50 % de ces jours de travail sont perdus en raison de la dépression et la fatigue ou en raison des erreurs commises», écrit Riad Sultan. Le coût estimé de cette perte de productivité au travail est de Rs 546 millions.

Près d’un quart des femmes ayant subi la violence extrême s’absentent du travail et légèrement moins d’un quart le font aussi chez celles qui l’ont vécue épisodiquement. Coût estimé de cet absentéisme au travail : Rs 215 millions.

Cette étude a été menée entre octobre et novembre 2016 par quelque 25 intervieweurs habitués aux études sociales et formés à cet exercice spécifique. Un questionnaire conçu spécifiquement a été soumis à 300 femmes et 100 hommes choisis au hasard à travers l’île et qui sont en couple. Il a ensuite été administré auprès de 100 femmes et 30 hommes ayant connu au moins un épisode de violence et à 85 femmes ayant subi une forme de violence extrême et qui s’en sont plaintes auprès de la Police Family Protection Unit et du Family Support Bureau, le tout durant les 12 mois précédent l’étude.

Intégralité du rapport sur la violence domestique by L'express Maurice on Scribd

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