«Les diabétiques qui jeûnent doivent éviter les collations sucrées, les fruits secs ou les repas riches en matières grasses»

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Le Dr Ramracheya a étudié et travaillé à Oxford en Grande-Bretagne avant de rentrer à Maurice.

Le Dr Ramracheya a étudié et travaillé à Oxford en Grande-Bretagne avant de rentrer à Maurice.

Le diabète et le ramadan ne font pas toujours bon ménage. C’est ce qu’explique le Dr Iswaraj Ramracheya, diabétologue et endocrinologue, en cette période de jeûne. «Le jeûne n’est pas sans risque pour les diabétiques», insiste le Dr Ramracheya qui a étudié et travaillé à Oxford en Grande-Bretagne avant de rentrer au pays.

Les diabétiques qui jeûnent doivent avoir les moyens de surveiller leur taux de glucose sanguin plusieurs fois par jour. La majorité des personnes qui suivent l’islam consomment deux repas principaux pendant le ramadan. Le premier est avant l’aube (suhur) et le second après le coucher du soleil (iftar).

«Il faut boire beaucoup d’eau après l’arrêt du jeûne et pendant les périodes où elles ne sont pas à jeun. Le repas du suhur doit être pris le plus tard possible, soit juste avant le début du jeûne. Il faut éviter les collations sucrées, les fruits secs, les boissons sucrées ou les repas lourds et riches en matières grasses. Consommez à la place beaucoup de légumes dans votre alimentation que vous accompagnerez de portions de fruits après le repas», précise le Dr Ramracheya.

Hyperglycémie et hypoglycémie

Les diabétiques qui ne connaissent pas leur état et qui jeûnent peuvent avoir une glycémie élevée (hyperglycémie), ce qui attise la soif et rend le jeûne difficile. Un repas important au début et à la fin du jeûne peut également entraîner une hyperglycémie, souvent associée à un sang acide (acidocétose) et nécessitant une hospitalisation. Cela peut aller jusqu’à cinq fois plus dans le diabète de type 2 et trois fois plus dans le diabète de type 1. D’un autre côté, un dosage inapproprié ou une prise de médicaments au moment inopportun peut entraîner une hypoglycémie (une glycémie basse), qui a aussi des séquelles néfastes.

Des études ont montré une hausse conséquente du risque d’hypoglycémie (entre 4,7 et 7,5 fois) dans le diabète de type 1 et de type 2, respectivement, pendant le ramadan. Les autres complications qui peuvent survenir sont la déshydratation, les maux de tête, l’hypotension artérielle, surtout en position debout, entraînant des vertiges, des évanouissements et des chutes. La déshydratation peut également amplifier le risque d’épreuve cérébrale et de crise cardiaque en augmentant le risque de coagulation du sang (thrombose).

«La sécurité des diabétiques est donc primordiale dans l’accomplissement de leurs devoirs religieux. Par exemple, si un malade a un épisode d’hypoglycémie, il devrait rompre son jeûne pour corriger le faible taux de glucose. Les malades doivent rompre le jeûne si leur glycémie est inférieure à 3,9 mmol/ ou supérieure à 16,7 mmol/L ou s’ils ne se sentent pas bien», ajoute le Dr Ramracheya.

Les risques du jeûne

Il estime qu’il est préférable de ne pas jeûner si vous avez des complications liées au diabète, comme une mauvaise vision, des problèmes cardiaques, des problèmes rénaux (urée), une hypoglycémie qui récidive, une glycémie mal contrôlée, surtout chez les diabétiques de type 1, ou si vous êtes enceinte ou âgée avec une mauvaise santé.

Notre interlocuteur précise que plusieurs médicaments sont actuellement utilisés à Maurice pour traiter le diabète. Les diabétiques de type 2 et qui reçoivent leurs médicaments des hôpitaux sont généralement sous Metformin et Gliclazide ou sous insuline. Les patients qui obtiennent leur ordonnance dans le privé prennent peut-être le Gliclazide, Glibenclamide, Glimepiride, Sitagliptin, Saxagliptin, Vildagliptin ou une combinaison de ceux-ci et d’autres médicaments. Ils pourraient également utiliser des formes injectables de médicaments tels que l’insuline ou l’analogue de GLP-1 Liraglutide. Les diabétiques de type 1 devraient être uniquement sous insuline.

Insuline

Les patients sous insuline, en particulier ceux qui prennent de l’insuline pré-mélangée (mélange de deux insulines différentes) sont plus à risque de présenter une hypoglycémie en comparaison des diabétiques prenant de l’insuline basale. «L’insuline pré-mélangée n’est généralement pas recommandée, et il serait peut-être mieux de passer à une insuline basale si possible.»

La recommandation varie en fonction du type d’insuline et des conseils de votre médecin traitant. Les médicaments qui restent dans le sang pendant une plus longue durée sont plus inquiétants. Ils sont généralement moins appropriés pendant le jeûne en raison de leur risque inhérent à provoquer une hypoglycémie. Le diabétique doit bien suivre son diabète surtout s’il fait chaud ou si son travail /son mode de vie impliquent un environnement chaud. Assurez-vous de boire beaucoup de liquides surtout aux horaires où vous ne jeûnez pas.

Evaluation pré-ramadan

Pour conclure, le Dr Ramracheya rappelle que le jeûne pendant le ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam et est considéré comme obligatoire pour tous les musulmans adultes en bonne santé. «L’évaluation pré-ramadan est essentielle pour les diabétiques afin de déterminer leurs risques de se lancer dans le jeûne, d’avoir des conseils sur la gestion de cette maladie chronique pendant cette période spécifique et l’importance de pratiquer de l’exercice physique, de planifier les repas et surveiller leur sucre sanguin et le dosage de leurs médicaments.»

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