Il y a 43 ans: la manifestation des étudiants tourne à l’émeute

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Des dizaindes de milliers d'étudiants se mettent en grève et réclament une refonte de l'enseignement secondaire. Le mouvement, infiltré par des chômeurs et des militants politiques, tourne à l'émeute.

Des dizaindes de milliers d'étudiants se mettent en grève et réclament une refonte de l'enseignement secondaire. Le mouvement, infiltré par des chômeurs et des militants politiques, tourne à l'émeute.

Le 21 mai 1975, les étudiants qui, la veille, avaient été bloqués sur le pont de la Grande Rivière Nord Ouest (GRNO), à l’entrée de Port-Louis sont à nouveau dans la rue. 

Le mardi 20 mai après plusieurs jours de mobilisation menée par des associations d’étudiants venant principalement des institutions d’Etat, les collégiens décident de marcher vers l’Hôtel du gouvernement. L’Assemblée législative siège ce jour là. Les jeunes fréquentant des collèges des Plaines-Wilhems font le trajet à pied. 

Toutefois, au pont de la GRNO, ils se retrouvent confrontés à un cordon policier. Leurs camarades venant de Port-Louis sont sur l’autre berge, eux aussi, encerclés par des policiers. Le Commissaire de police, J. Fulena, le Security adviser, P.J. Rewcastle et des hauts-gradés sont sur les lieux.  

Sont aussi présents aux côtes des étudiants, deux directeurs de collège : Heeralall Bhugaloo de la Port-Louis High School et Vijay Venkasamy du New Eton College. La presse rapporte que des animateurs de Jeunesse Militante, l’aile jeune du Mouvement Militant Mauricien (MMM) sont aussi sur le terrain. 

Vers 12h30 s’amène le ministre de l’Education, Régis Chaperon, Il est accompagne de Dayendranath  Burrenchobay, le secrétaire permanent au Prime Minister’s Office. Le ministre essaye de se faire entendre, mais n’y parvient pas.  

Dans l’après midi, vers 14h30, les étudiants tentent de traverser la rivière à gué. Dayendranath  Burrenchobay est revenu au pont de la GRNO et c’est en sa présence que la police charge et fait usage du gaz lacrymogène pour disperser les étudiants. 

Le lendemain, ces derniers se donnent rendez-vous au Plaza à Rose-Hill et devant la Cathédrale St Louis à Port-Louis. La police disperse ceux réunis dans la cour de l’Hôtel de ville. C’est à partir de ce moment que certains se mettent à saccager le mobilier urbain. Un groupe s’en prend à la résidence du maire, Henry Ithier, brisant des panneaux vitrés et saccageant les meubles. 

A Port-Louis, il y a des jets de pierres. Des véhicules sont saccagés. La veille la voiture de Jean Delaître directeur de la MBC a été lapidée. Un camion transportant des boissons gazeuses a vu disparaitre les 40 caisses qu’il transportait. Les manifestants dispersés se sont retrouvés au Champ de Mars. 

La police a procédé à des arrestations et le mouvement s’est essoufflée permettant de rétablir le calme. 

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