Statistiques 2007-2017: le marché de l’emploi en pleine mutation

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(Photo d’illustration) Quelque 545 100 personnes avaient un emploi en 2017, sur une population active de 586 900 personnes.

(Photo d’illustration) Quelque 545 100 personnes avaient un emploi en 2017, sur une population active de 586 900 personnes. 

Plus qu’un simple état des lieux du chômage à Maurice, les derniers chiffres de l’emploi publiés par Statistics Mauritius le 17 mai dépeint une véritable évolution de ce marché qui tend vers le secteur des services depuis les dix dernières années. Tour d’horizon du secteur de l’emploi durant la période 2007-2017.

Le taux de chômage a régressé en 2017

La population active se dénombrait à 586 900 personnes en 2017, soit 356 600 hommes et 230 300 femmes. De ce nombre, 545 100 personnes avaient un emploi, plus de la moitié étant des hommes. Le taux de chômage a légèrement régressé l’année dernière. Le nombre de chômeurs est passé de 42 400 (7,3 %) à 41 800 (7,1 %) sur une population économiquement active de 581 000 et 586 900 personnes en 2016 et 2017 respectivement. Le taux de chômage était plus important chez les femmes (10,7 %). Et la main-d’œuvre potentielle, soit ceux qui cherchent du travail et qui sont disponibles à l’emploi, se chiffrait à 5 800.


Plus de la moitié des chômeurs pas inscrits au bureau du travail

Des demandeurs au bureau du travail.

Seuls 44 % des demandeurs d’emploi s’étaient inscrits au Employment Service (bureau du travail) en 2017, fait ressortir Statistics Mauritius. Les sans-emploi avaient pour la plupart recours à plusieurs méthodes de recherche d’emploi, notamment l’envoi de leur candidature aux employeurs potentiels (56 %) et le démarchage vers les usines et sur les lieux de travail.

Fait intéressant : 67 % des chômeurs ont de l’expérience professionnelle. «Plus d’un tiers d’entre eux ont travaillé dans le secteur tertiaire, notamment dans la vente, la restauration et l’hébergement», souligne Statistics Mauritius. Quelque 23 % des chômeurs ont travaillé dans le secteur manufacturier et la construction. Une minorité des sans-emploi, soit 2 %, ont travaillé dans le secteur agricole.

Par ailleurs, 27 % des chômeurs ont quitté leur travail pour cause d’insatisfaction, alors que 28 % se sont retrouvés sans emploi après le non-renouvellement de leur contrat ou à la fin d’un emploi temporaire. Les mariages et les responsabilités familiales sont également des facteurs qui ont poussé certaines personnes à quitter leur travail. Du reste, 16 % des chômeurs se sont retrouvés sans travail en raison d’une fermeture d’entreprise ou d’une réduction d’effectif.

Marché de l’emploi 2007-17 : le secteur des services a le vent en poupe

C’est une tendance qui traduit bien l’évolution de l’économie locale et de la diversification des secteurs, sortant d’une prédominance agricole vers la manufacture pour ensuite s’étendre vers les services. «Le secteur tertiaire (services) a pris au fil du temps une place importante sur le marché de l’emploi. De 2007 à 2017, le nombre d’emploi dans ce secteur est passé de 281 800 à 372 600, englobant ainsi 68 % du marché de l’emploi à ce jour», indique le rapport de Statistics Mauritius.

En revanche, les boulots dans les secteurs primaire (agricole) et secondaire (manufacturier) a pris la courbe descendante durant cette même période. À 44 100 employés en 2007, le nombre de personnes travaillant dans le secteur primaire en 2017 était à 38 800, résultant d’un déclin du secteur agricole. La même tendance est observée dans le secteur secondaire, avec une baisse de 23 200 emplois durant ces dix dernières années.

La main-d’œuvre locale gravit les échelons

 Les Mauriciens sont de plus en plus nombreux à occuper des postes importants. Notamment en tant que législateurs, directeurs et techniciens de haut calibre. En effet, s’ils n’étaient que 15,7 % des employés à occuper ces postes en 2007, cette proportion a atteint les 23,9 % en 2017. Ces postes comportent, sans surprise, les plus fortes rémunérations. Soit un salaire moyen de Rs 38 200 par mois. De l’autre côté, la part de l’emploi dans les groupes professionnels les plus bas a chuté de 20,5 % à 15,6 % en dix ans.


Situation inquiétante chez les jeunes et les vieilles personnes

Des jeunes lors d’une foire de l’emploi. Ceux de 16 à 24 ans sont les plus touchés par le chômage.

Si les nouvelles sont plutôt bonnes concernant le taux de chômage chez la population active, la situation est pour le moins inquiétante concernant les jeunes et les personnes du troisième âge. Soit, avec une légère hausse du taux de chômage chez les jeunes de 16 à 24 ans et le non-départ à la retraite des personnes âgées de plus de 65 ans. En effet, le taux de chômage chez les jeunes âgés de 16 à 24 ans en 2007 était de 24,7 %, soit 20 % chez la gente masculine et 31,4 % chez la gente féminine. Et dix ans après, ce taux est passé à 24,9 %, soit 0,2 % de plus. Les femmes continuent à faire les frais de ce phénomène avec un taux de chômage de 31,9 %, contre 19,5 % chez les hommes. En 2017, le nombre de jeunes qui pouvaient prétendre à un emploi était de 77 600 (43 700 hommes et 33 900 femmes). Seulement 58 300 d’entre eux ont trouvé un emploi (35 200 hommes et 23 100 femmes). Ainsi 10 800 femmes et 8 500 hommes ont été laissés sur le pavé. L’autre situation qui donne à réfléchir est le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans, soit l’âge légal de départ à la retraite officielle, qui ont continué à travailler. Au départ, ils étaient 14 200 à être sur le marché. Au final, aucun des 10 300 hommes et 3 900 femmes n’a pris ses distances du travail. Par contre, dans la tranche d’âge inférieure, soit ceux âgés de 60 à 64 ans, 200 ont pris leur distance du monde du travail. Les deux sexes sont à égalité sur ce plan, soit 100 départs chacun.

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