Compensation et nominations: l’ombre d’une partielle jouerait-elle en la faveur de Raj Dayal?

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Raj Dayal a perdu son ministère en mars 2016.

  Raj Dayal a perdu son ministère en mars 2016.  

«Le Premier ministre doit s’expliquer», insiste Navin Ramgoolam. Yatin Varma soutient, lui, qu’il s’agit d’un «gros scandale». Paul Bérenger parle, de son côté, de «cadeau». La compensation de Rs 15 millions que l’ex-ministre Raj Dayal a reçue de l’État, qu’il poursuivait pour licenciement injustifié suivant sa destitution en tant que commissaire de police en 2000, n’en finit pas de faire jaser.

Serait-ce là l’une des faveurs qui lui seraient accordées pour l’empêcher de démissionner ? L’ombre d’une partielle ferait, en effet, pencher la balance en faveur de Raj Dayal. Et les nominations et autres paiements dont bénéficie l’ancien ministre porteraient à le croire.

Mahesh Dayal, fils de Raj Dayal, a été nommé à la tête de CEB Green, filiale du Central Electricity Board (CEB), en avril, à la suite d’un appel à candidatures. Il a effectué sa première sortie publique jeudi 17 mai, lors du lancement du Home Solar Project, par le ministre de l’Énergie et des services publics, Ivan Collendavelloo.

Peu avant, fin mars, Raj Dayal a abandonné ses poursuites contre l’État, pour sa destitution en tant que commissaire de police, contre une compensation de Rs 15 millions, ce qui représente légèrement plus que la somme qu’il aurait touchée s’il avait conservé son siège de ministre jusqu’à la fin de son mandat.

Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement se plierait aux exigences de l’ancien ministre. Quelques mois après sa démission forcée à la suite de l’affaire bal kouler, Roshi Bhadain, alors ministre des Services financiers, avait choisi Yaasine Pohrun comme son attaché de presse. Sauf que ce journaliste était celui qui avait fait éclater l’affaire bal kouler.

Raj Dayal avait alors menacé de démissionner comme député si le journaliste prenait ce poste. Yaasine Pohrun a dû remettre sa démission quelques heures après sa nomination car sir Anerood Jugnauth (SAJ), Premier ministre dont le bureau avait validé le choix, a vite changé d’avis. «Mo pa ti koné ki so pasé. Apré ki mo’nn koné», avait déclaré SAJ à ce sujet.

Roshi Bhadain, lui, maintenait que la nomination était passée par le Prime Minister’s Office (PMO) et que c’était à ce dernier de prendre les décisions. Dev Beekharry, alors Senior Advisor au PMO, avait affirmé avoir entendu parler de ce «mécontentement» de Raj Dayal sans pour autant l’affirmer ou l’infirmer. Sollicité par l’express, l’ancien ministre est resté injoignable.

Commission Sik Yuen: les fils de Dayal mentionnés

Les fils de Raj Dayal ont plusieurs fois fait parler d’eux. La commission d’enquête qui avait été instituée pour faire la lumière sur les malversations dans la police alors que Raj Dayal était commissaire avait fait mention de ses fils. De fortes sommes d’argent avaient été versées sur leurs comptes après l’octroi de contrats par leur père.

En février 1995, Rs 430 000 ont été versées sur le compte de Maheshwar Dayal. En juin de la même année, la police fait l’acquisition de 40 véhicules auprès d’ASAS. Le même mois, Rs 403 000 sont versées sur le compte de Rikesh Dayal, l’autre fils de Raj Dayal. Un mois après, l’autre fils reçoit la somme de Rs 100 000.

Le 28 mai 1996, le commissaire de police d’alors écrit au Central Tender Board (ancêtre du Central Procurement Board), indiquant que le PMO n’a pas objecté à l’achat de 20 autres véhicules à cette même compagnie. Le même jour, Rs 100 000 sont transférées sur le compte de chacun des fils de Raj Dayal.

Avineshwur Dayal nommé en mars 2015

Le 20 mars 2015, le Conseil des ministres a validé la nomination d’Avineshwur Dayal, l’autre fils de l’ancien commissaire de police, au Conciliation Service du ministère de la Fonction publique. Il est avocat de formation. Raj Dayal avait déjà évoqué le fait que ses fils aideraient à redresser le pays.

CEB Green: première sortie publique que Mahesh Dayal

Qui est Mahesh Dayal, fils cadet de Raj Dayal ? Celui qui a pris depuis peu ses fonctions de directeur général de CEB Green Energy Co. Ltd, une filiale du CEB chargée de gérer et de développer des projets d’énergie verte, a bâti toute sa carrière au Royaume-Uni. Il a posé ses valises à Maurice il y a un mois, à l’issue de sa confirmation à son nouveau poste.

Ingénieur de formation, il s’est, par la suite, spécialisé dans l’investissement et la gestion de projets d’énergies renouvelables au pays de Sa Majesté. Plutôt discret, il n’a d’ailleurs pas été enthousiaste à l’idée de se faire photographier. Il a préféré mettre en avant ses compétences dans le secteur où il a été recruté, plutôt que sa filiation, pour justifier sa nomination.

Il a soutenu avoir beaucoup d’ambition pour le développement des énergies vertes, à travers le CEB Green Energy Co Ltd.

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