Guerre commerciale: les fronts ouverts par les Etats-Unis

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Donald Trump a lancé des offensives tous azimuts auprès de plusieurs partenaires économiques pour faire valoir les intérêts de Washington

Donald Trump a lancé des offensives tous azimuts auprès de plusieurs partenaires économiques pour faire valoir les intérêts de Washington.

Donald Trump a lancé des offensives tous azimuts auprès de plusieurs partenaires économiques pour faire valoir les intérêts de Washington, au risque de déclencher une vaste guerre commerciale. Le point sur les principaux fronts ouverts par l’administration américaine.

Chine

Premier pays dans le collimateur des Etats-Unis, qui ont décidé unilatéralement le 8 mars d’imposer des taxes de 25% sur leurs importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium.

Washington exige de Pékin une réduction dès 2020 de 200 milliards de dollars de son déficit commercial, qui a atteint 375 milliards en 2017. Outre l’acier et l’aluminium, les Américains menacent les Chinois de taxes sur 50 milliards de dollars de marchandises pour compenser ce que la Maison Blanche considère comme du vol de propriété intellectuelle. L’ultimatum pour trouver un compromis a été fixé au 22 mai.

Pékin a agité la menace de représailles équivalentes sur les biens américains. Dans le viseur: les produits agricoles, dont le soja américain très dépendant du marché chinois.

Union européenne

Dispensée jusqu’au 31 mai minuit des taxes douanières sur l’acier et l’aluminium, l’UE réclame une exemption définitive à Donald Trump, sous peine de contre-mesures sur des produits tels que le whisky bourbon, les jeans Levi’s ou encore les motos Harley-Davidson.

La Commission européenne s’est dite prête, sous conditions, à discuter d’un accord «restreint» avec les Etats-Unis sur la levée de certaines barrières commerciales (taxes sur les véhicules et marchés publics). Une position que ne soutient toutefois pas Paris.

Autre point de friction: l’Iran. Washington a annoncé la semaine dernière son retrait de l’accord nucléaire iranien et décidé de rétablir ses sanctions à l’égard de Téhéran ainsi que de toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.

Les Américains ont donné à ces dernières une période de 90 à 180 jours pour se retirer d’Iran. Le premier train de rétablissement de sanctions, fixé au 6 août, concernera l’automobile et l’aéronautique civile. Suivront le 4 novembre l’énergie et la finance.

Vendredi, la Commission européenne a lancé la procédure officielle visant à activer la «loi de blocage», pour permettre aux entreprises et tribunaux européens de se soustraire aux sanctions extraterritoriales américaines.

Mexique et Canada

Américains, Canadiens et Mexicains travaillent depuis août dernier à la modernisation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), en vigueur depuis 1994 et critiqué avec virulence par Donald Trump.

Au coeur des discussions, l’automobile. Washington veut imposer que les voitures fabriquées au Mexique ou au Canada soient largement composées de pièces usinées aux Etats-Unis.

L’administration américaine réclame également une clause dite «crépusculaire» («sunset clause») qui forcerait les parties à renégocier l’Aléna tous les cinq ans, une proposition rejetée avec force par le Canada et le Mexique.

Jeudi, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a affirmé qu’un «très bon accord» était possible. Le ministre mexicain de l’Economie Ildefonso Guajardo a de son côté estimé possible un accord «à partir de la dernière semaine de mai».

Russie

Le 6 avril, Washington a décrété de nouvelles sanctions contre 38 personnes et entités accusées de participer aux «attaques» de Moscou contre «les démocraties occidentales», touchant de fait les intérêts de plusieurs entreprises russes.

Parmi elles le géant de l’aluminium Rusal et la holding financière En+, contrôlés par l’oligarque Oleg Deripaska. M. Deripaska ayant accepté de réduire sa part à moins de 50% dans En+, le Trésor américain a finalement annoncé retirer de la liste ces deux sociétés.

Autre entité visée, Rosoboronexport, la société publique chargée des ventes d’armements. Sa maison mère dénonce «de la pure concurrence déloyale», visant à» écarter la Russie du marché mondial des armements».

Autres partenaires

Le 1er mai, la Maison Blanche a annoncé avoir finalisé son traité de libre-échange avec Séoul. La Corée du Sud accepte d’ouvrir davantage son marché automobile aux constructeurs américains, et accepte la prolongation jusqu’en 2041 de taxes américaines de 25% sur les pick-ups (véhicules à plateforme arrière). Elle est aussi prête à réduire de 30% ses exportations d’acier vers les Etats-Unis.

Pour riposter aux droits de douane sur l’acier et l’aluminium, Tokyo a informé vendredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) être prêt à instaurer des taxes sur des marchandises américaines à hauteur de 50 milliards de yens (385 millions d’euros).

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