Les artistes boudent les consultations prébudgétaires

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Des membres de l’Association auteur compositeur mauricien étaient face à la presse, ce mardi 15 mai.

Des membres de l’Association auteur compositeur mauricien étaient face à la presse, ce mardi 15 mai.

La création d’un National Arts Fund, d’une médiathèque pour l’archivage de chansons folkloriques, d’un village des artistes ou encore d’un National Award. Autant de mesures discutées avec des artistes et annoncées lors du dernier Budget… mais qui ne se sont toujours pas concrétisées. Résultat : les artistes ne se sont pas rendus aux discussions prébudgétaires 2017-18.

C’est ce qu’affirment Zanzak Arjoon et Bruno Raya, porte-parole de l’Association auteur compositeur mauricien (AACM). Ils étaient face à la presse, ce mardi 15 mai. «L’an dernier, le ministre des Finances avait énuméré des mesures. Jusqu’à présent, elles sont restées des effets d’annonce», fait ressortir Zanzak Arjoon.

Ce dernier se demande d’ailleurs ce qu’il est advenu de la somme de Rs 50 millions octroyée au projet de National Arts Fund. «Nous n’avons jamais vu l’utilisation de ces Rs 50 millions. Quant à la médiathèque, je n’en ai pas entendu parler et rien n’a été fait pour le village des artistes.»

En ce qui concerne le National Award, l’un des porte-parole de l’AACM affirme avoir reçu une invitation pour une cérémonie qui se tiendra dans un hôtel, demain, mercredi 16 mai. Toutefois, Zanzak Arjoon déplore le fait que plusieurs artistes n’y ont pas été conviés. «Une cérémonie de ce nom doit réunir la famille artistique au complet», estime-il. D’ajouter qu’il s’interroge sur les critères de sélection pour cet award. «Nous n’avons pas eu de détails

Pilier de l’économie

Zanzak Arjoon a également énuméré une liste de mesures que le gouvernement devrait mettre en place pour que le secteur créatif devienne un pilier de l’économie. Notamment la révision à la hausse du tarif de diffusion. «Il est à 68 sous depuis 30 ans. Nous demandons qu’il passe au prix de ‘enn dipin mézon’, soit à Rs 3,80», lance-t-il.

En outre, la promulgation d’une loi sur la copie privée a été demandée. «Ce n’est pas une taxe que nous demandons sur les electronic devices permettant de sauvegarder des œuvres artistiques, mais un pourcentage du profit des importateurs sur ces produits.» L’argent récolté sera injecté dans un fonds qui permettrait de mettre sur pied un plan de pension pour les artistes.

Autre requête de Zanzak Arjoon : que le quota des diffusions locales soit augmenté. «Nous devons payer pour les artistes étrangers que nous diffusons. Afin que le secteur créatif devienne un pilier économique, comme le gouvernement l’entend, il faudrait que l’argent puisse rester à l’intérieur du pays», a-t-il affirmé.

Bruno Raya a, pour sa part, partagé sa crainte au sujet de l’arrivée de la chaîne radiophonique française NRJ à Maurice. «Nous ne savons pas quelle est leur politique par rapport au quota de diffusion d’artistes locaux. NRJ a remplacé une chaîne qui diffusait des titres locaux. J’ai écouté la radio hier et aujourd’hui. Je n’ai pas entendu un seul titre local. Nous souhaitons avoir des éclaircissements», a-t-il déclaré.

Alors que les discussions pré-budgétaire vont bon train dans différents secteurs, le gouvernement a fait appel aux artistes. Certains ont refusé d’assister aux rencontres pré-budgétaires. Ils expliquent leur point de vue.

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