Skippers: ces professionnels qui nagent en eaux troubles

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Le skipper Steeve Adeline a été appréhendé dans le cadre de l’enquête sur la collision entre deux bateaux, le dimanche 6 mai, au large de l’île-aux-Aigrettes.

Le skipper Steeve Adeline a été appréhendé dans le cadre de l’enquête sur la collision entre deux bateaux, le dimanche 6 mai, au large de l’île-aux-Aigrettes.

Ils sont plus de 200 skippers à travailler entre Trou-d’Eau-Douce et Mahébourg. Le centre d’attractions : la cascade de Grande-Rivière-Sud-Est et les îles autour. Selon le président de la fédération des plaisanciers à travers le pays, Prem Beerbul, celles-ci attirent plus de 3 000 visiteurs par jour. Ce qui requiert plus de vigilance pour éviter les accidents en mer. «Lamer pé vinn pli houlez», soutient Prem Beerbul.

Du coup, les skippers doivent redoubler de vigilance. L’accident du dimanche 6 mai est «à 70 % la faute des autorités», selon Prem Beerbul. Il soutient que dans le lagon, surtout dans l’Est, le sable et les coraux augmentent d’année en année. «Cela bloque la circulation des plaisanciers. Lerla mem ou trouvé ki éna finn tasé ek pé bizin al déblok zot», avance-t-il.

Ce qui pousse les skippers à demander aux autorités la création d’un passage pour qu’ils puissent travailler comme il se doit, ainsi que des zones de plongée et de baignade spécifiques. «Il y a des plongeurs partout dans le lagon. Nous ne pouvons savoir où ils se trouvent», déplore Prem Beerbul. Et de rappeler le triste accident en mer, en 2015, lors duquel un couple de touristes français, qui faisait de la plongée, à Belle-Mare, avait péri quand un speedboat leur est passé dessus. C’est à la suite de cet accident qu’une zone de plongée a été délimitée à Belle-Mare, soutient Prem Beerbul.

Pour éviter les accidents, les skippers font, eux, un briefing quotidien. Quid des règles à respecter ? Il y a le Mauritius Tourism Authority et les garde-côtes qui veillent au grain. «Mais ils n’investissent pas dans la sécurité en mer», déplore Prem Beerbul. Par exemple, dit-il, il n’y a que des bouées pour la limitation de vitesse, mais pas pour indiquer aux skippers où se situe la passe.

Quant aux formations données aux skippers en cas d’incident en mer, Arvind Hurloll, qui pratique ce métier, explique qu’elles sont axées seulement sur le first aid. «Apar fer bouss a bouss, nou pa kapav fer bel zafer», lance-t-il. D’où le fait que les skippers sont unanimes concernant la proposition d’avoir une ambulance en mer avec des médecins spécialisés. «Si dimounn blésé grav, nou pa pou kapav fer nanyé  nou. Nous appelons en premier les garde-côtes, puis le poste de police et ensuite l’ambulance. Sé enn long prosédir, dimounn-la kapav mor entretan», poursuit Arvind Hurloll.

Rakesh Ramtohul, un autre skipper, déplore, lui, le fait qu’il n’y ait pas d’expert à Maurice pour examiner les bateaux impliqués dans des accidents. «Nos bateaux restent avec la National Coast Guard des mois. Pendant ce temps, nous ne travaillons pas. Les autorités doivent trouver une solution», conclut-il.

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