Infrastructures: pourquoi ça pue à «Quatre-Bornes»

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La ville des fleurs de sent plus la rose.

La ville des fleurs de sent plus la rose.

Jeudi soir. La nuit tombe sur la ville des Fleurs. Un doux parfum de briyani et de poulet frit flotte dans l’air. L’estomac et le palais hument avec délectation ces appétissants effluves. Au milieu, charriée par le vent, une odeur de crotte, de drains qui débordent, de toilettes bouchées, de cadavre en décomposition, de rat mort, bref de puanteur. D’où vient ce bouquet d’arôme fatal pour les narines ?

Dans le couloir de la mort olfactive, des magasins, des fast-foods, une librairie, une tabagie, un supermarché, pour ne citer qu’eux. Les Quatrebornais, eux, n’osent plus trop mettre le nez dehors.  «Gramatin ou lévé ou bégné, ou met parfin, ou sorti ou santi pi», affirme Jean-François, chauffeur dans une compagnie privée.

L’employé d’un des deux fast-foods sis en plein milieu du royaume des trônes a, lui, une explication. «Éna enn restoran fek ouver lao-la, dimounn pé dir limem sa. Li zet so bann délo malang lerla sa vinn ziska isi…»

«Cela fait un mois que ça dur», déplore, pour sa part, un marchand de nourriture qui a pour habitude de garer son véhicule à cet endroit. Les narines au bord de l’asphyxie, des mouchoirs qui se transforment en cache-nez, des  «beurk et des zot oh !», il en entend  pas mal depuis quelque temps. «Mo krwar Wastewater  ti vini lot zour-la mé pa koné kinn arivé.»

Problème d’obstruction

Du côté de la Wastewater Management Authority (WMA), une préposée souligne qu’elle plongera le nez dans le dossier. «Je ne sais pas s’il y a eu une doléance et si une équipe a été dépêchée sur place. Je vais creuser et s’il y a quelque chose, je reviens vers vous», déclare gentiment Anima Nowbutsing. Nous avons attendu, des heures durant aux toilettes, mais en vain. Snif.

Et Madame le maire ? A-telle senti que quelque chose n’allait pas en face de la municipalité ? Oui, affirme Soolekha Jepaul Raddhoa. «Nous avons reçu des doléances à ce propos et avons pris le taureau par les cornes.» Lasse d’attendre la WMA, elle a dépêché une équipe de la municipalité, qui a reçu le soutien des officiers du ministère de l’Environnement et des pompiers, notamment. «C’est un problème de clogging (NdlR, obstruction). Les gens jettent tellement de choses dans les drains. Mais nous avons procédé au pompage et aux dernières nouvelles, tout est sous contrôle.»

À vendredi matin, l’air était plus respirable, selon le gérant d’un magasin. Malgré quelques relents, conclut un de ses voisins.

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