Patrimoine, zone tampon de l’Aapravasi Ghat: des tractations en cours ?

Avec le soutien de
Plusieurs projets seraient prévus dans le périmètre de l’Aapravasi Ghat (à g.).

Plusieurs projets seraient prévus dans le périmètre de l’Aapravasi Ghat (à g.).

Des experts de l’Unesco seront sollicités car le développement de la zone protégée autour de l’Aapravasi Ghat serait prévu. Une partie de Chinatown pourrait être affectée.

Revoir les délimitations de la zone tampon de l’Aapravasi Ghat. Surtout celles qui concernent la partie de Chinatown, qui se trouve dans l’espace protégé autour du site du patrimoine mondial. C’est l’annonce faite par Anil Gayan, ministre du Tou- risme, lors de l’ouverture du Chinatown Food & Cultural Festival, samedi.

Sollicité pour plus de précisions, Anil Gayan af- firme: «Quand il y a l’Unesco, on ne peut faire de développements. On l’a vu dans le cas du Metro Express et de l’Urban Terminal. Il y aura des choses à revoir.» Dans le cas du quartier chinois, le ministre du Tourisme a même évoqué une demande de «dérogations». «Nous allons faire venir des experts de l’Unesco pour étudier la question. Le pays est si petit.»

Il affirme que son col- lègue des Arts et de la culture, Prithviraj Roopun, est en contact avec l’institution. «Les experts seront là incessamment.»

Du côté du ministère des Arts et de la culture, c’est la prudence. Une source officielle dit seule- ment que les autorités sont en contact avec l’Unesco pour ce qui concerne les différents projets tombant dans le périmètre de l’Aapravasi Ghat, la core zone.

Dans ce cas précis, cela concerne la place de l’Immigration en face de l’Aa- pravasi Ghat, ainsi que le futur musée de l’Esclavage, qui devrait être aménagé dans l’ancien Hôpital militaire, à deux pas du site historique. Pour l’heure, aucune indication n’était disponible concernant la zone tampon et spécifiquement Chinatown.

Pour sa part, Lloyd Lai, ancien président de la Chambre de commerce chinoise, accueille favorablement l’annonce du ministre Anil Gayan. «Si les autorités parviennent à le faire, ce sera une bonne chose pour relancer l’activité économique.» Selon lui, au moins deux projets immobiliers sont en suspens, soit à l’angle des rues Arsenal et David ainsi qu’à l’angle des rues Royale et La Rampe. «La zone tampon a fait baisser le prix de l’immobilier. Qui va ache- ter un terrain pour plusieurs millions quand il sait qu’il ne pourra pas construire plus de deux ou trois étages ? Ce n’est pas rentable.»

Pour l’historienne Vi- jaya Teelock, ancienne pré- sidente de l’Aapravasi Ghat Trust Fund, le plan de ges- tion est «déjà très flexible. Il permet des échanges de terres par exemple». Elle se pose deux questions: «Pourquoi ne pas faire des projets qui restent dans le cadre de la loi ? Pourquoi ne pas réa- liser les projets en dehors de la zone tampon ?»

Avant de souligner que la zone tampon n’est pas contre le développement. Dans le monde en- tier, des sites patrimoine mondiaux sont considé- rés comme un avantage commercial. L’historienne soutient que le plan de gestion favorise notamment le tourisme culturel et les développements qui y sont liés. «Il faudrait que chacun lise avec attention le plan de gestion. Il faut aussi de la bonne volonté.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires