Développement foncier: un projet RES provoque des remous à Sorèze

Avec le soutien de
À Sorèze, le terrain sur lequel le projet devrait s’étendre a été défriché, la semaine dernière.

Les habitants de Sorèze ne savent plus à quel saint se vouer. Malgré deux pétitions envoyées aux autorités pour contester le développement d’un projet Real Estate Scheme (RES) dans la localité, ils ont assisté impuissants au défrichage d’un terrain, la semaine dernière. Ils soutiennent que le promoteur n’a pas encore obtenu de permis de construction.

Ce projet se trouve en hauteur, au-dessus des deux morcellements déjà construits dans cette partie de Sorèze. Ce qui inquiète les habitants? Que la construction ne cause des inondations lors de grosses pluies. D’autres points sont aussi soulevés : les habitants sont notamment préoccupés que le site soit en partie sur la réserve montagneuse, soit des terres publiques, ou encore que les règlements concernant l’inclinaison du terrain n’aient pas été respectés.

«Nous ne voulons pas une répétition des désastres que les habitants de Vallée-Pitot et La Butte ont subis, entre autres», soutiennent les habitants du morcellement des Aloès, dans une pétition envoyée à la municipalité de Port-Louis le 9 août 2016. Ils sont 81 habitants à l’avoir signée.

«Chute de gravats»

 «À chaque grosse pluie, nous assistons à l’écoulement d’eau boueuse ainsi qu’à la chute de gravats et de rochers qui endommagent nos propriétés, voire les routes, déplorent les habitants dans la lettre. Maintenant, on vient défricher, déraciner ou détruire les arbres et fragiliser la couche de terre sur ces pentes…»

Toutefois, aucune réponse n’est parvenue aux habitants, selon leurs dires. Ce, malgré le fait que les Planning Policy Guidelines, datant de mars 2016, du ministère du Logement et des Terres ou encore le rapport sur le projet de Landslide Management du ministère des Infrastructures publiques, catégorisent cette région comme étant à risque des glissements de terrain.

C’est pourquoi le 27 janvier 2018, les contestataires ont envoyé une deuxième pétition à Marie-Claire Monty, secrétaire parlementaire privée et députée de la région. Ils y ont expliqué qu’ils n’ont pas été épargnés par les dégâts pendant le cyclone Berguitta.

Un habitant indique qu’une étude de géomorphologie de Water Research Co Ltd de Taylor Smith a aussi été effectuée l’an dernier. «Pour les besoins de l’étude, quelques arbres ont été enlevés et nous avons même vu des changements dans la canalisation de l’eau de pluie après cette intervention minime», déclare-t-il.

Autre interrogation des habitants : le degré d’inclinaison du terrain. Des amendements au Planning Policy Guidance, en 2016, interdisent toute construction sur une pente dont l’inclinaison est de 20 % et imposent un contrôle strict sur celles qui oscillent entre 10 et 20 %. Or, plusieurs habitants affirment qu’ils ont dû soumettre leur lopin de terre à des études poussées parce que l’inclinaison avoisinait les 20 %. Études que le promoteur des villas n’a, lui, pas effectuées, selon eux.

Les habitants avancent aussi que le terrain sur lequel le projet sera développé se trouve sur la réserve de montagne.

Or, du côté du promoteur, on nie cela. Interrogée, une source de la municipalité de Port-Louis avance qu’elle nous fera parvenir un plan pour démontrer la délimitation de la ligne de réserve.

Par ailleurs, le nombre de villas qui seront construites ne semble pas avoir été défini. La liste des projets RES du Board of Investment fait mention de 13 villas avec un wellness centre et un parcours de santé. Cependant, joint au téléphone, le promoteur de ce projet soutient que seulement six villas seront construites sur les huit arpents.

 Dans la foulée, il soutient que le terrain ne lui appartient pas encore mais qu’il souhaite l’acquérir du Paradis de Sorèze. Sollicité, le propriétaire de celui-ci, Deepak Tulsidas, ex-directeur du Human Resource Development Council sous l’ex-gouvernement, fait ressortir que l’état naturel du terrain sera préservé le plus possible. «Nous sommes encore en train de délimiter le terrain. Nous n’avons encore rien enlevé et nous respectons la réserve de la montagne», dit-il.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires