Air Mauritius: ingérence politique sur les opérations ?

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Les réparations sont toujours en cours sur l’A350, Le Morne Brabant.

Les réparations sont toujours en cours sur l’A350, Le Morne Brabant.

«En 50 ans, il n’y a jamais eu d’ingérence politique au niveau des opérations. Quand on voit des gens de l’extérieur prendre des positions contre des pilotes, les CEO sont tenus d’agir comme des boucliers.» C’est le constat d’un consultant en aviation, à l’express, qui s’est exprimé sur la maintenance «recommandée par Airbus» sur l’A350, Le Morne Brabant, suivant l’apparition d’un problème technique.

Plusieurs vols ont été reprogrammés le dimanche 6 mai. Lundi, Air Mauritius (MK) a dit prévoir d’autres perturbations sur la ligne Plaisance-Charles de Gaulle, dans les jours qui viennent. Pour l’heure, aucun calendrier n’est disponible auprès de la compagnie d’aviation nationale sur les possibles perturbations et reprogrammations des vols.

Selon le consultant, il n’y a pas de sérénité au sein d’Air Mauritius. Il estime que l’ingérence politique a pris le dessus et affirme que la compagnie d’aviation nationale «essaie de cacher les véritables problèmes de la compagnie».

Il est d’avis que la situation chez MK résulte plutôt d’un problème de gestion. «Vous avez la gestion de votre flotte. Il faut qu’elle soit planifiée, savoir qui mettre pour opérer ces vols. C’est un créneau de 24/24 que vous couvrez. Il faut les anticiper, prévoir et gérer.» Selon lui, aucun aéroport ne va laisser un avion décoller si les conditions ne sont pas propices. Il explique qu’un vol long-courrier vers l’Europe, la Chine ou l’Inde, est sujet à des contrôles. Il ajoute que ce n’est pas normal d’avoir des vols reprogrammés.

Coûts

Pour le consultant, chaque appareil faisant partie d’une flotte est sujet à un exercice de maintenance programmé bien à l’avance. Dans certains cas, comme pour un A-check d’un A330, cela doit se faire toutes les 500 heures de vol. Par contre, pour un C-check, cela s'avère necessaire toutes les 4 000 heures. Il affirme que la line-maintenance se fait sur le tarmac, et si cela demande plus de temps, elle se fait dans un hangar où tout est vite réglé.

Il explique que d’autres vérifications sont longues et se font par des agences spécialisées, agréées par l’équipementier. Elles sont programmées en basse saison mais parfois les avions sont pris en location à court terme si les missions prévues exigent plus de capacité de la flotte. Il faut gérer ces situations prévisibles.

Combien peut coûter une reprogrammation de vols ? Sans avancer de chiffre, il affirme que ça coûte très cher. «Des facteurs vont impacter sur les coûts additionnels. Il y a des coûts fixes qui représentent le gros du budget.» Un vol avorté, un vol parti à moitié vide ou encore des passagers envoyés sur d’autres transporteurs, occasionnent «une perte sèche». Un siège d’avion «est un produit périssable. En retour, il n’y a pas de recette. Tout ça se comptabilise après l’événement».

Pannes techniques et grogne des pilotes

Outre les problèmes d’ordre industriel, la direction de MK a eu fort à faire, cette semaine, après les pannes intervenues sur l’A350 et l’A330. Si le problème technique sur l’A330 a été réglé, fait savoir Somas Appavou, en revanche, les réparations sont toujours en cours sur l’A350, Le Morne Brabant. Une équipe d’Airbus est arrivée à Maurice, lundi 7 mai, pour aider les ingénieurs mauriciens. L’appareil ne devrait pas voler de sitôt. «Nous prendrons le temps qu’il faudra pour que nos passagers volent en toute sécurité», précise le CEO.

Ces pannes ont occasionné des retards et contraint Air Mauritius à procéder à bon nombre de changements au niveau des plans de vol. Outre le manque à gagner lié à cette situation, la reprogrammation se passe relativement mal pour MK, surtout en raison du manque de pilotes.

«En ce moment même, le crew scheduling appelle des pilotes qui sont en jour de repos, ou en vacances, pour aller voler mardi ou mercredi», indique une source. Somas Appavou balaie d’un revers de main ces problèmes. «Nous avons l’habitude de gérer et ce ne sont que des perturbations temporaires. Il n’y a aucun problème à ce niveau.»

Concernant les commandants de bord, la situation, dit-on, pourrait s’aggraver, avec d’autres démissions imminentes. Dans les milieux concernés, on explique que les récentes décisions de la direction, y compris le licenciement du commandant belge Patrick Hofman, et la récente affaire du commandant Frédéric Gébert, plombent l’ambiance au niveau d’Air Mauritius.

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